Budget: un «gel» des dépenses qui tombe mal

Après avoir réduit les services publics essentiels à la population, le gouvernement conservateur continue de manquer de vision en imposant notamment un nouveau gel de deux ans des dépenses de fonctionnement des ministères, déplorent les dirigeants des principaux syndicats du secteur public fédéral.
«La situation économique du Canada aurait permis au gouvernement d'en faire plus pour renforcer les services et les programmes. Il aurait pu choisir d'investir dans la petite enfance, les  retraites et la sécurité des transports. Je ne peux pas croire qu'il laisse passer cette chance inouïe», a fait valoir Robyn Benson, présidente nationale de l'AFPC.
«Avec ce budget, les intérêts des Canadiens ont été sacrifiés pour des considérations électorales et une obsession irrationnelle de budgets équilibrés. Il n'est tout simplement pas possible que le gouvernement mette de l'ordre dans les finances de sa maison lorsque les fondations, c'est-à-dire les programmes et les services dont dépendent les Canadiens, s'effritent» a fait valoir Debi Daviau, présidente de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada.
Dans son budget, le ministre Jim Flaherty impose un gel de deux ans aux dépenses de fonctionnement des ministères, ce qui permettra au gouvernement d'économiser 1,6 milliard, soit 500 millions en 2014-2015 et 1,1 milliard en 2015-2016.
Ce «gel» survient au moment où le gouvernement se prépare à négocier 27 conventions collectives de ses employés. Il souhaite négocier un nouveau régime d'invalidité et de congé de maladie, mais il est trop tôt encore pour connaître l'impact financier de ce changement. Le gouvernement a indiqué toutefois dans le budget qu'il souhaite négocier avec les syndicats avant de la mettre en oeuvre.
L'AFPC déplore aussi que le gouvernement s'acharne contre les retraités du service public en doublant leur contribution au régime d'assurance-maladie complémentaire.
«L'AFPC entame bientôt une nouvelle ronde de négociations. Pendant que le gouvernement continue de trahir la population, nous défendrons bec et ongles la qualité des services publics et les droits des travailleurs qui les assurent», a fait valoir Chris Aylward, vice-président exécutif national de l'AFPC.
Pour sa part, le président de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Claude Poirier, était tout aussi déçu de ce budget.
«Nous sommes inquiets des informations contenues dans le budget de réaligner les régimes de maladie et d'invalidité avec le secteur privé» a fait valoir le président Poirier.
Selon lui, le gouvernement aurait dû mettre fin aux mesures d'austérité, comme le recommandent les économistes à travers la planète.
«Ce budget était une occasion pour le gouvernement de démontrer qu'il est à l'écoute des besoins des Canadiens qui veulent des emplois, une meilleure répartition de la richesse et une amélioration des services publics. Malheureusement, cela ne s'est pas produit» a souligné le président de l'ACEP.