Budget: les infrastructures au coeur des préoccupations

Le budget qui sera déposé aujourd'hui par le ministre des Finances Jim Flaherty doit avant tout tenir compte des infrastructures vieillissantes des villes, croit le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin.
Le maire rêve d'un programme à long terme échelonné sur « un minimum » de 20 ans, qui permettra à Gatineau de faire le rattrapage estimé à 1,1 milliard pour la municipalité tout en étant en mesure de contrôler sa dette.
La formule de financement fédérale actuelle force Gatineau et les autres villes du Canada à emprunter afin de profiter au maximum des programmes d'infrastructure.
« Ça fait des années que les villes demandent des programmes permanents plutôt que des programmes sur un certain nombre d'années, explique-t-il. Si on a des programmes a long terme, les villes vont être capables de mieux gérer leur budget. On a besoin l'aide massive de Québec et d'Ottawa. »
Même son de cloche du côté de la préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande, qui espère que le ministre Flaherty viendra en aide aux municipalités.
« Nous avons énormément besoin des sommes d'argent pour les infrastructures. Le Programme de remboursement de la taxe d'accise sur l'essence est très important pour nous. Quand on parle de taxe d'accise, on parle d'eau, d'égouts et de routes. [...] Dans toute politique, il faut que le citoyen y gagne, fait-elle valoir. Quand le gouvernement nous donne des sommes d'argent pour des infrastructures, les municipalités n'ont pas, au moins, à payer toute la part. C'est le citoyen qui en profite. »
Logements sociaux
Le maire Pedneaud-Jobin souhaite aussi obtenir l'aide d'Ottawa afin d'augmenter le nombre de logements sociaux qui seront construits dans les prochaines années. « Mais pour y arriver, on a besoin d'une augmentation des contributions de Québec et Ottawa », affirme-t-il. Le nombre de constructions prévu actuellement est de 700 unités sur quatre ans. La Ville de Gatineau a l'objectif d'en construire 300 de plus.
Le président du c.a. de la Table régionale des organismes communautaires autonomes de l'Outaouais (TROCAO), Luc Villemaire, se croise aussi les doigts pour qu'Ottawa dépense plus généreusement dans le logement locatif abordable.
Mais M. Villemaire ne se fait pas d'illusion, le gouvernement fédéral s'étant progressivement « retiré des programmes d'aide et de soutiens au logement ».
Du financement supplémentaire pour les groupes d'intervention en itinérance, sur le respirateur artificiel depuis plusieurs années, serait aussi le bienvenu, soutient-il.
À ce chapitre, M. Villemaire a très peu d'espoir que des investissements soient annoncés par le ministre des finances aujourd'hui.
On peut espérer maintenir les fonds actuels. Dans ce cas on pourra dire qu'on aura sauvé les meubles.
Joint à Paris, le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Antoine Normand, a indiqué qu'il souhaite voir dans le budget fédéral des crédits d'impôts aux PME « afin qu'elles créent des emplois », l'atteinte du déficit zéro dès cette année, et une réduction de la charge fiscale des entreprises innovantes et exportatrices.