La patineuse de vitesse d'Ottawa, Ivanie Blondin

Blondin connaît l'Ô Canada, Gizmo aussi

Traire des vaches et nourrir les cochons ne s'est jamais concrétisé pour Ivanie Blondin. Mais défendre les couleurs du Canada à des Jeux s'apprête par contre à devenir réalité.
Un professeur à l'école élémentaire lui avait demandé, il y a une quinzaine d'années, ce qu'elle rêvait faire plus tard à l'âge adulte. «Je voulais devenir fermière... mais aussi participer aux Jeux olympiques», se rappelle l'athlète franco-ontarienne, un brin gênée de sa confession.
Dans cinq jours, on verra la patineuse de vitesse d'Ottawa prendra place sur le fil de départ pour la première de trois courses en longue piste. Elle s'est qualifiée pour les épreuves de 3000 m et 5000 m.
Les entraîneurs de l'équipe canadienne l'enverront aussi sur la glace pour la poursuite féminine où le trio qu'elle formera avec Christine Nesbitt et Brittany Schussler fera partie des favorites.
Une victoire, ce sera l'or.
Qui dit or, dit l'hymne national du pays vainqueur qui se fait entendre dans l'amphithéâtre. Un hymne que Blondin connaît très bien.
«Mes parents fouillaient chez eux dans mes vieux projets scolaires. Mon père a retrouvé une vidéo de moi qui chante l'Ô Canada quand j'étais très jeune», souligne la femme de 23 ans.
Elle n'est pas la seule à connaître les couplets de l'hymne à son domicile de Calgary où elle s'entraîne depuis trois ans et demi. Son perroquet Gizmo souffre déjà de la fièvre des Jeux.«Il siffle le début du Ô Canada, fait remarquer Blondin.
Sa mère Lise et son père Robert joueront à la gardienne pendant son absence, s'occupant de son oiseau de compagnie.
«Ils veulent lui apprendre à dire Go Canada Go», dit la nouvelle olympienne.
Première participation
Sotchi sera la première participation de Blondin aux JO. En 2010, elle avait tenté de se qualifier, mais en courte piste.
Son échec aura été une bonne chose pour sa carrière. Cela l'a motivé en partie à quitter Montréal où elle s'entraînait. Après quelques mois de réflexion, ce fut le pari. Celui de passer au patinage sur longue piste. De mettre le cap vers l'Ouest canadien.
On connaît le reste de l'histoire. L'an dernier, ce fut ses premiers coups de patin vers un podium en Coupe du monde. Une fois la saison terminée, Ivanie Blondin avait remporté quatre médailles, dont une en or.
Ses succès n'ont rien d'étonnant.
L'ancienne étudiante de l'école secondaire Garneau a commencé à faire les manchettes au milieu des années 2000, participant aux championnats du monde juniors sur courte piste à Belgrade.
Blondin n'avait que 14 ans à l'époque. En plus d'être rapide, elle s'exprimait déjà bien. Elle avait expliqué sa décision de troquer le patinage artistique pour le patinage de vitesse, neuf ans auparavant.
«Je n'étais pas assez gracieuse. Sur le coup, j'étais déçue. Maintenant, je n'y songe même plus», avait-elle dit à ce moment-là à un journaliste du Droit.
Sur les «gratteux»
Son visage s'est déjà retrouvé sur des «gratteux». La Société des loteries et des jeux de l'Ontario (SLJO) l'avait choisi pour illustrer une nouvelle loterie venant en aide financièrement aux athlètes amateurs.
Sa feuille de route comprend aussi des records nationaux, des médailles aux Jeux du Canada en 2007, des séjours dans une dizaine de pays et une mononucléose qui l'a ralenti, il y a deux ans.
«J'ai passé à travers plusieurs choses dans ma vie. Ça me fait sentir presque vieille, même si je n'ai que 23 ans», lance Blondin en riant de nouveau.
Les choses vont continuer de débouler chez elle après les Jeux.
«Je vais bientôt me marier», rappelle-t-elle.
Qui sait, peut-être qu'elle défilera avec une médaille olympique au cou...