Yvon Godin, porte-parole néo-démocrate aux langues officielles.

Bilinguisme des juges: le député Godin ne lâche pas le morceau

Pour une troisième fois, le député néo-démocrate Yvon Godin est revenu à la charge, hier, avec son projet de loi visant à rendre obligatoire le bilinguisme des juges de la Cour suprême.
Le projet de loi n'a jamais été adopté malgré les appuis et les nombreuses tentatives parlementaires du député Godin.
«La Cour suprême existe pour servir tous les Canadiens, peu importe que leur langue soit le français ou l'anglais. Je ne lâcherai pas le morceau. C'est une question d'égalité des deux langues officielles et d'égalité d'accès à la justice», a fait valoir le député Godin, porte-parole néo-démocrate en matière de langues officielles.
Une pétition électronique doit circuler auprès des intervenants dans les domaines des langues officielles et d'accès à la justice. Une tournée du député Godin est également prévue dans plusieurs universités canadiennes où il ira expliquer son projet de loi aux étudiants, de même qu'aux personnes intéressées dans les communautés.
Les néo-démocrates souhaitent toujours convaincre le gouvernement conservateur de se rallier, comme il l'avait fait pour rendre impératif le bilinguisme comme critère à l'embauche des agents du parlement.
«Ce gouvernement a montré dans le cas de C-419 qu'il peut travailler avec l'opposition pour faire progresser les langues officielles. Je l'invite à faire de même avec mon projet de loi. Il est grand temps que le bilinguisme soit ajouté aux critères de sélection pour accéder au plus haut tribunal du pays», a souligné le député Godin.
De nombreux intervenants se sont déjà prononcés publiquement en faveur du bilinguisme des juges de la Cour suprême.
C'est le cas du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, qui l'a fait à de nombreuses reprises, la Fédération des communautés francophones et acadiennes, ainsi que plusieurs experts en droits linguistiques. Dans une lettre du 20 février 2014 à l'intention du député Godin, la bâtonnière du Québec, Johanne Brodeur, donne son appui au projet de loi C-208 sur le bilinguisme des juges de la Cour suprême.
«Le Barreau a toujours estimé que le bilinguisme fonctionnel doit faire partie des compétences requises d'un juge de la Cour suprême pour assurer l'accès égal à la justice et déplore qu'encore aujourd'hui, aucune obligation ne soit prévue dans la législation fédérale pour que les neuf juges siégeant à la Cour suprême du Canada maîtrisent les deux langues officielles du pays», indique la bâtonnière du Québec.