La saison a été difficile pour le lanceur des Phillies Philippe Aumont, qui a choisi de passer la saison morte dans son patelin, à Gatineau, pour se changer les idées.

Bédard et Aumont à la croisée des chemins

Signe que le printemps s'en vient même si on est au milieu d'un hiver difficile, les lanceurs et les receveurs vont se rapporter aux camps d'entraînement des équipes des majeures en Floride et en Arizona dans un peu plus d'un mois.
Pour nos deux lanceurs professionnels du coin, Érik Bédard et Phillippe Aumont, la saison 2014 qui s'en vient vite en l'occasion d'un nouveau départ. Il reste juste à savoir exactement où ils vont jouer.
Dans le cas de ce dernier, c'est assez simple: le grand Gatinois qui s'amène dans le coin aujourd'hui en vue de la tenue de son déjeuner annuel, samedi au Buffet des continents, se rapportera au camp des Phillies de Philadelphie avec l'idée de ne plus faire la navette entre les majeures et le club-école AAA des IronPigs de Lehigh Valley, comme il l'a fait l'an dernier.
Pour le premier, c'est un peu plus compliqué: le vétéran gaucher de Navan est toujours en quête d'un contrat pour la prochaine campagne, celui d'un an qu'il avait paraphé l'an dernier avec les Astros de Houston n'ayant pas été renouvelé.
«Jusqu'à maintenant, c'est très tranquille, je n'ai pas eu de feelers de personne. Mais je ne suis pas inquiet, j'imagine que d'ici la fin de janvier ou au début février, ça devrait débloquer. Je pense avoir assez bien fait l'an passé pour me trouver un endroit où lancer», confiait l'artilleur de 34 ans, joint à Nashville où il avait assisté à une foire pour chasseurs à l'arc.
Une fiche trompeuse
Avec la pire équipe des majeures, Bédard a présenté une fiche de 4-12 en 2013, mais elle est trompeuse. Sa moyenne de points mérités était respectable à 4,59, et il a obtenu 138 retraits sur des prises en 151 manches lancées. Il a aussi été utilisé à l'occasion comme releveur (un sauvetage en trois tentatives) pour la première fois de sa carrière.
Alors que son agent Mark Pieper cherche à lui trouver du boulot, possiblement avec un contrat des mineures assorti de primes comme l'an dernier, Bédard lui a dit qu'il pouvait dire aux clubs des majeures qu'il était prêt à tenter sa chance comme releveur, au besoin.
«Je suis ouvert à ça, je suis prêt à l'essayer. Tous les clubs cherchent des gauchers pour l'enclos, et ça pourrait être bon pour prolonger ma carrière aussi. Je pense qu'en m'habituant à ce rôle pendant deux mois de camp d'entraînement, ce serait plus facile de m'habituer que l'an passé, alors que j'ai alterné entre partant et releveur», me confiait-il.
Vers plus de constance
Aumont a effectué cette transition vers un rôle de releveur il y a quelques saisons déjà et alors qu'il a célébré ses 25 ans avant-hier, il cherche maintenant à établir la constance nécessaire pour avoir un rôle important dans l'enclos des Phillies. L'an passé, il a éprouvé des problèmes de contrôle, autant à Philadelphie, où il avait commencé la saison (fiche de 1-3, 4,19), qu'à Lehigh Valley (0-2, 4,04). Entre les deux endroits, il a totalisé 51 buts sur balles en 55 manches, obtenant 61 retraits sur des prises en contrepartie.
«À la fin de la dernière saison, j'ai fait le vide et je n'ai pas pensé au baseball pendant cinq semaines. Après ça, j'ai recommencé à m'entraîner et j'ai commencé à lancer plus tôt parce que je pense que j'ai besoin d'arriver au camp avec une longueur d'avance sur les autres et prêt mentalement. Je veux donner tout ce que j'ai à l'entraînement pour ne pas avoir de regrets plus tard, si jamais je ne réussis pas, même si je ne pense pas à cette possibilité», racontait-il hier lorsque joint à sa résidence près de Tampa Bay.
Les Phillies vont avoir un nouveau gérant la saison prochaine, Ryne Sandberg, et un nouvel instructeur des lanceurs, Bob McClure, ce qu'Aumont voit de bon augure:
«J'ai eu Ryne Sandberg comme gérant à Lehigh Valley pendant presque deux saisons. Il me connaît et je le connais, et je pense qu'il va me donner une bonne chance de me faire valoir. Je ne connais pas McClure, mais il doit connaître son affaire, il a gagné la Série mondiale avec les Red Sox de Boston (en novembre)», mentionne l'ancien choix de première ronde des Mariners de Seattle.
En attendant de se rapporter à ses nouveaux patrons, Phillippe Aumont saluera donc son monde samedi entre 7h et 10h, un sixième déjeuner annuel au profit du programme sports-études baseball de l'école secondaire Nicolas-Gatineau. Il ne sera pas en ville longtemps puisqu'il prendra ensuite le chemin de Toronto pour le banquet de Baseball Canada samedi soir.