Beautiful Scars, de Lee Harvey Osmond

Le titre ne ment pas: les cicatrices qu'arbore Lee Harvey Osmond (LHO) sur son «troisième» album sont magnifiques.
Osmond est à la musique roots ce que Nick Cave et Tom Waits sont au rock. Derrière ce personnage hirsute à la voix de cimetière hanté, se cache le guitariste Tom Wilson, vieux routard qui a longtemps sévi à la tête de la formation blues-rock Junkhouse et qui cartonne à présent au sein de Blackie & the Rodeo Kings.
Un bagage lourd de trois décennies, ça laisse des marques.
L'Ontarien se triture donc les balafres, et l'âme qu'il a burinée, mais son réalisateur - Michael Timmins, des Cowboy Junkies - lui interdit toute pleurnicherie. Osmond fait dans le spleen zen et le rictus acidulé. Dans la ballade d'outre-tombe, nimbée d'atmosphères terreuses, feutrées ou cuivrées. Des volutes opaques, mais douces, rêveuses émanées des entrailles d'un volcan qui sommeille.
Voluptueux!