De gauche à droite: Second Generation, de Floyd Elzinga; les céramiques de Sandra Marshall; Starry Night, Boreal Forest, de Sayward Johnson.

Beautés naturelles au centre Shenkman

De métal et d'argile. Des arbres d'acier de Floyd Elzinga, aux couleurs irisées des oeuvres de cuivre de Sayward Johnson. En passant par la nature (re)vue par 10 artistes céramistes de la région. La visite des galeries de l'École d'art d'Ottawa (ÉAO, campus Orléans) et Trinity, hébergées par le Centre des arts Shenkman, vaut assurément le coup d'oeil. Et le détour.
L'acier prend racines
D'emblée, les arbres d'acier de M. Elzinga frappent l'imaginaire.
Par leurs silhouettes qui se tordent sous le vent ou vers le soleil, mais aussi par l'aspect rouillé de leur tronc, leur étrange beauté rend compte autant de leur force vitale que du passage du temps.
À preuve, cette immense feuille d'érable «tombée» au sol, au treillis fin rappelant la décomposition, à l'automne. Ou encore ce vieux tronc «pourri» par lequel on peut voir les juxtapositions de morceaux d'acier rouillé utilisées par l'artiste ontarien pour évoquer les cercles de vie de l'arbre.
Face aux pièces accrochées aux murs de la salle d'exposition de l'ÉAO, on se laisse gagner par une forte impression de résilience sur des terres battues par les vents.
Ainsi, un arbre tend ses branches et ses racines, «encadré» par un horizon fait de deux carrés d'acier inoxydable (poli dans le haut et brossé dans le bas, comme pour représenter un ciel d'hiver et un sol gelé s'étendant à perte de vue). L'effet est franchement aussi saisissant qu'émouvant.
Fallen, Broken & Scattered est présenté jusqu'au 23 février.
Nature, de cuivre et d'argile
La galerie Trinity propose quant à elle deux expositions.
D'un côté, Transitions réunit les oeuvres de 10 artistes céramistes de la région qui exposent ici leur travail, au terme d'une formation de 10 mois. Tous ont puisé leur inspiration dans la nature et en expriment des facettes variées, selon diverses techniques (raku, glaçures sur porcelaine ou argile, etc.).
Au côté des formes abstraites de Michelle Bishop (dont certaines font penser à des stromatolites ou autres éponges), les drôles de lièvres et tortues de Sandra Marshall s'amusent à revisiter, semble-t-il, une certaine fable de Lafontaine.
Dans l'autre salon, Verdigris regroupe les étonnantes toiles de cuivre patiemment tissées et brodées par Sayward Johnson.
Petits et grands formats fascinent par la minutie et la dextérité requises, par la richesse des bleus, verts et turquoise de ses patines, de même que par la délicatesse de ses broderies.
Mme Johnson explore l'intime, notamment par le biais de la magnifique Leaving You In Pieces et de la tout aussi éloquente All Is Forgiven (où un morceau d'organza teint en rouge et des points de cuivre symbolisent une blessure lentement mais sûrement suturée).
Elle rend aussi hommage à la nature, suggérant ici un Caribou ou «peignant» là une aurore boréale (fort belle Starry Night, Boreal Forest).
Transitions et Verdigris sont présentées jusqu'au 11 février.