Le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette.

Barrette, la nouvelle coqueluche des libéraux

Tout le Québec a été stupéfait, le 3 mars dernier, quand Philippe Couillard a annoncé la candidature de Gaétan Barrette dans la circonscription de La Pinière. Qu'avait-il à gagner avec un candidat d'apparence aussi détestable, et habitué à diriger seul sa shop de la Fédération des médecins spécialistes du Québec?
François Legault, qui avait recruté le Dr Barrette aux élections de 2012, a été sans pitié pour le transfuge: «Barrette est prêt à tout pour être ministre de la Santé, peu importe le parti, le programme, le chef. Les Québécois jugeront son geste.»
Même les médias ne voyaient pas, à l'époque, comment Gaétan Barrette pourrait devenir un joueur d'équipe. L'homme a déjoué toutes leurs prédictions.
En bloc
Jeudi, lorsqu'il a déposé son projet de loi abolissant les agences de santé, quelques heures après avoir conclu des ententes avec les médecins de famille et les spécialistes, les libéraux se sont levés en bloc pour l'ovationner. Carlos Leitao et Martin Coiteux qui ont besoin de grands changements pour atteindre leur objectif d'équilibre budgétaire, avaient des regards admiratifs. Philippe Couillard s'est déplacé de son siège pour aller féliciter son ministre, pour répliquer ensuite à François Legault qu'il avait devant lui, «l'exemple du courage, du ménage, de la détermination».
En moins de six mois, Gaétan Barrette est devenu la coqueluche des libéraux. Dans les corridors, on vante son intelligence, son sens de l'humour et de la répartie, mais surtout sa capacité d'aller au front, peu importe l'ampleur de l'offensive adverse. C'est un véritable joueur d'équipe, m'a expliqué cette semaine le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux qui a besoin de la collaboration de ses collègues pour la réduction des dépenses gouvernementales.
Et il faut bien l'admettre, même les journalistes de la Tribune de la presse apprécient le contact de ce ministre pas comme les autres, qui se prête toujours à leurs demandes de commentaires dans les corridors, et dont les propos colorés trouvent une bonne place dans les reportages. Jeudi, Mario Dumont et Jean Lapierre faisaient son éloge dans leurs chroniques respectives.
Avec plaisir
Contrairement à certains politiciens qui craignent les médias, Barrette prend plaisir à les côtoyer. Sa conférence de presse annonçant l'abolition des agences de santé a duré plus de 90 minutes. Il s'est ensuite transporté dans une autre salle pour un exercice similaire avec les médias régionaux, pour accorder plus tard d'autres entrevues. Il était en ondes tôt le lendemain matin pour expliquer son projet aux animateurs du matin.
Réussira-t-il là où tous ses prédécesseurs, incluant Philippe Couillard, ont échoué? Comme dirait François Legault, «on verra».
Mais force est de constater qu'il jouit d'un énorme appui au sein du gouvernement, et même de la Coalition avenir Québec qui réclame ce genre de changement depuis longtemps. Qui plus est, il a quatre ans devant lui et une certaine sympathie des médias, ce qui n'est pas peu dire compte tenu du scepticisme et des propos sarcastiques de certains, lors de sa nomination à la tête du ministère de la Santé.