Le député conservateur Gerry Ritz a affublé la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, du titre de « Barbie du climat ».

«Barbie du climat» : Scheer refuse de condamner les propos sur McKenna

Le chef conservateur Andrew Scheer a refusé de condamner en Chambre des propos tenus par un de ses députés qui a affublé la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, du titre de « Barbie du climat ».
Au Parti conservateur, on a cependant indiqué en fin de journée que le chef tentait d'entrer en contact avec Mme McKenna pour lui faire part personnellement de sa désapprobation face aux propos « dégradants » tenus sur Twitter par le député et ancien ministre Gerry Ritz.
« J'ai un message positif à livrer aux Canadiens et Canadiennes et je m'attends à ce que tous les membres de mon caucus privilégient cette approche lorsqu'ils communiquent avec eux », a assuré le chef dans une déclaration transmise par une porte-parole conservatrice.
Le député en question, l'ancien ministre Gerry Ritz, a fait acte de contrition tard mardi soir sur Twitter, peu après avoir publié un gazouillis où il comparait la ministre du gouvernement libéral à la célèbre poupée de Mattel.
« Je m'excuse pour l'utilisation du mot Barbie, cela ne reflète pas le rôle que la ministre joue », a écrit le vétéran député de la Saskatchewan, qui a récemment annoncé son départ prochain de la vie politique.
« Employez-vous ce langage sexiste au sujet de votre fille, votre mère, votre soeur ? Nous avons besoin de davantage de femmes en politique. Vos commentaires sexistes ne nous arrêteront pas », avait réagi Catherine McKenna sur le réseau social.
L'affaire a rebondi à la Chambre des communes dès les premières minutes de la période des questions, mercredi après-midi.
Le gouvernement libéral, qui se faisait accuser depuis lundi par l'opposition d'avoir élaboré une réforme fiscale nuisible aux femmes entrepreneures, a envoyé au front le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.
Aux trois questions d'ouverture du chef conservateur Andrew Scheer, il a répondu en réclamant une condamnation des propos de Gerry Ritz ainsi que des excuses formelles devant les députés de la Chambre.
Ce fut en vain. Le leader conservateur n'a pas accédé à cette demande répétée.
« Je suis vraiment déçu que de nos jours, des commentaires de la sorte ne soient pas immédiatement dénoncés par le chef du parti », a lâché le ministre Carr en mêlée de presse après la séance.
Les excuses offertes par Gerry Ritz sur Twitter étaient « plutôt timides », et il revenait donc à Andrew Scheer de condamner les propos, a-t-il enchaîné. « Nous lui avons donné une occasion de faire cela aujourd'hui. Il a choisi de ne pas la saisir », a-t-il laissé tomber.
Sa collègue à la Condition féminine, Maryam Monsef, a exprimé les mêmes regrets et en a profité au passage pour lancer une salve à l'intention du nouveau capitaine des troupes conservatrices, aux commandes depuis mai dernier.
« Le Parti conservateur, sous ce nouveau leadership, aimerait nous faire croire que les choses ont changé, que le ton sera plus positif, mais l'inaction que nous avons vue aujourd'hui en Chambre de la part du chef montre que peu de choses ont changé », a-t-elle tancé.
En début de journée, les députées conservatrices Michelle Rempel et Sylvie Boucher ont critiqué - la première l'a fait plus ou moins directement - le commentaire de Gerry Ritz, qui doit quitter son siège en octobre.
« J'ai été moi-même traitée de Barbie dans le passé. Je l'ai ignoré ; peut-être n'aurais-je pas dû le faire », a indiqué Mme Rempel en mêlée de presse.
« Je suis vraiment heureuse que Gerry se soit excusé et ait supprimé ce gazouillis, a-t-elle enchaîné. Il est un ami, il m'a toujours soutenue. Mais je veux dire, cessons de traiter les gens de Barbies et concentrons-nous sur notre travail. »
Sa collègue du Québec, Sylvie Boucher, a pour sa part affirmé qu'un commentaire du genre n'avait « pas sa place (...) dans un monde où les hommes et les femmes ont une place égale dans notre société ».
Ce n'était pas la première fois que la ministre McKenna, très active sur les réseaux sociaux, se faisait taxer de « Barbie du climat ». Le média The Rebel, dont les conservateurs se sont récemment dissociés, a cherché à populariser le qualificatif dès 2016.