Si les fans de Lady Antebellum étaient moins nombreux que ceux de la Gaga samedi, sur les plaines LeBreton, ils n'en étaient pas moins aussi fervents.

Au rythme de Gaga et d'Antebellum

De Gaga à Antebellum, de la pop électro-dansante de la première à celle aux accents country du trio américain, des costumes et perruques colorés aux chapeaux et bottes de cow-boy: les Ladies et leurs adeptes se suivent au Bluesfest, mais ne se ressemblent guère. Sauf en ce qui a trait à la ferveur des admirateurs de l'une et des autres.
Car si les fans de Lady A étaient hier moins nombreux que ceux de la Gaga samedi, sur les plaines LeBreton, ils ne s'en sont pas moins transformés en choristes dès les premières notes de Never Alone, servie en ouverture de soirée. Ou encore, plus tard, sur Dancing Away With My Heart, leurs téléphones intelligents éclairant la nuit comme une nuée de lucioles.
Après la mise en scène élaborée et éclatée de Lady Gaga la veille, la foule (moins dense que la veille) a eu droit à un spectacle misant certes sur quelques projections et animations sur écrans géants, mais surtout sur les harmonies des voix complices d'Hillary Scott et Charles Kelley, solidement appuyés par Dave Haywood, et accompagnés de cinq musiciens.
«C'est vous qui nous rendez encore meilleurs, sur scène, par l'énergie que vous nous donnez. Merci pour tout ce que vous nous transmettez ce soir!» a lancé un Charles Kelley particulièrement en verve et visiblement heureux d'être de retour sur la route, après l'accouchement d'Hillary Scott (dont la petite fille aura bientôt un an).
Tout en optant pour le côté plus rock de son country (Our Kind Of Love, I Run To You, Looking For A Good Time), Lady Antebellum a bien sûr flirté avec son côté plus tendre par le biais de l'incontournable ballade Just A Kiss, entre autres. Le trio a aussi profité de l'occasion pour «casser» quelques inédites, à paraître sur un nouvel album prévu pour l'automne (dont Bartender et Freestyle), en plus de glisser quelques notes de Get Lucky de Daft Punk, ici, et de reprendre Rhiannon de Fleetwood Mac, là.
Et alors que la pluie s'invitait à la fête, Lady Antebellum a finalement interprété Need You Now en rappel, la pièce qui a littéralement propulsé le trio aux quatre coins de la planète - et sans contredit la plus attendue des gens présents, vu leur réaction.
Lady Gaga: le plein d'amour
Samedi soir, une foule compacte de plus de 30000 «Little Monsters» ont quant à eux eu rendez-vous avec leur «Mother Monster», Lady Gaga. Ensemble, ils auront «fait du Bluesfest un vrai 'Lovefest'!» s'est d'ailleurs réjouie la diva.
Multipliant les costumes et coiffures, dansant et chantant à en perdre haleine, entourée d'une quinzaine de danseurs et musiciens, répétant à quel point elle se considère chanceuse d'avoir des admirateurs aussi «extraordinaires» que les siens, cette dernière a proposé une véritable orgie de décibels, de couleurs et de pluies de confettis virevoltant dans les éclairages et le vent.
Rodé et efficace, son spectacle ArtRave: The ArtPop Ball a été l'occasion pour Lady Gaga de décliner ses nouveautés (dont Applause, G.U.Y., Do What U Want), mais aussi de renouer avec Just Dance, Poker Face, Paparazzi et Bad Romance, servie dans une débauche de costumes fluo - que deux inconditionnelles avaient reproduit à l'identique, ou presque, attirant du coup l'attention de leur idole, qui les a invitées à monter danser sur scène avec elle le temps d'interpréter Swine.
À travers toutes ces extravagances, ArtRave a néanmoins réservé des instants de réelle communion entre l'artiste et son public, notamment lorsqu'elle a relu en partie a cappellaI've Got A Crush On You de Frank Sinatra et livré piano-voix une puissante version de Born This Way. Ce faisant, la Gaga a assurément prouvé qu'elle possède une solide voix, aux nuances plus riches qu'elle ne le laisse entendre la plupart du temps.
vlessard@ledroit.com