Le Rêve de Dame Franklin, de Lisa Creskey, fascine par les multiples lectures qu'il est possible d'en faire.

Au coeur de l'imaginaire de Lisa Creskey

L'imaginaire foisonnant de réalisme et de détails de Lisa Creskey habitera celui du visiteur bien longtemps après la rencontre entre les deux. L'exposition Reviens-moi, de l'artiste qui travaille la terre cuite et la porcelaine de façon saisissante, est à voir absolument.
Subjugué. C'est l'état dans lequel peut laisser l'exposition de Lisa Creskey.
Chacune de ses pièces, du petit Canot à la héronnière (Rookery), son installation de plus grande envergure, réclame de marquer une pause. De prendre le temps de plonger dans l'oeuvre pour en saisir les moindres détails.
Car pendant que l'une fait voguer sur les flots, à la chasse à la baleine et au morse (Miroir), une autre multiplie les assiettes pour rendre compte de la faune du Parc (de la Gatineau, fort probablement), de la couleuvre à la mésange, en passant par le cerf, le tamia rayé, voire le raton laveur (et les rebuts laissés par les humains, qu'il ne renie pas comme source d'approvisionnement).
Cela dit, ce sont des pièces telles Le Rêve de Dame Franklin ou Près des écluses qui séduisent le plus.
D'abord, par la technique dont l'artiste démontre une maîtrise époustouflante. Ensuite, par l'indéniable sens inné de la narration qu'elle transpose dans ses oeuvres. Puis, par le plaisir pris à en découvrir toutes les facettes et tous les sens.
Le Rêve de Dame Franklin fascine par les multiples lectures qu'il est possible d'en faire. Pour cette pièce, Lisa Crekey s'est inspirée de la disparition des HMS Terror et Erebus, voiliers à moteurs qui, placés sous le commandement de John Franklin, en 1845, devaient réaliser la première traversée du passage du Nord-Ouest et explorer l'Arctique.
À première vue, on apprécie donc l'un des navires qui orne le fond du bol. Ce n'est qu'en en faisant le tour qu'on en note les particularités: le corps d'un ours peint à l'extérieur; les glaciers dont les sommets forment les rebords; les personnages qui prennent vie à travers les trous des parois, et qui, comme autant de hublots, dirigent l'attention du spectateur.
Reviens-moi, propose l'artiste? Le visiteur sera assurément tenté de céder à son désir.