Pierre Samson, fondateur de la firme comptable Samson et associés, se joindra au comité chargé de redonner vie à l'organisme.

Attentat à Kaboul: le choc chez Samson & Associés

En l'espace de quelques jours, l'équipe de Samson & Associés a fait ses derniers adieux à deux de ses membres. Une épreuve difficile, selon le président, Pierre Samson.
Martin Glazer, par exemple, occupait des fonctions importantes au sein de l'entreprise. Il était chef d'équipe sur deux importants contrats au moment de son décès, relate son patron. «Le bureau perd un professionnel très important. [...] Ce n'est pas facile à remplacer, mais ça se fait. Le plus dur, c'est qu'on perd un individu remarquable. Ça ne sera pas facile.»
Durant les jours suivants le décès des deux hommes, les employés chez Samson & Associés carburaient à l'adrénaline, raconte Pierre Samson. Tous étaient occupés et voulaient s'assurer que les deux familles éprouvées par le drame n'aient pas à s'inquiéter de quoi que ce soit.
Lorsque les arrangements pour rapatrier les deux dépouilles ont été conclus, le président de la firme soutient cependant que la tristesse a commencé à se faire ressentir. À ce moment, une réunion avec les employés a été organisée afin que tous partagent leurs sentiments. Étonnamment, ils ont beaucoup ri en se souvenant des habitudes et des manies des deux collègues décédés. «Ç'a fait du bien que tout le monde en parle», affirme M. Samson.
Les deux cérémonies ont été touchantes, explique M. Samson. L'enterrement de Peter McSheffrey, lundi, a été marqué par la réaction des enfants du comptable de 49 ans, raconte le président de Samson & Associés. Dans le cas de Martin Glazer, ce sont les anecdotes remémorant ses traits de caractère uniques qui ont rendu la cérémonie spéciale, poursuit-il.
Bien peu de détails
Le gouvernement canadien donne très peu de détails concernant l'attentat. Pierre Samson rapporte qu'on ne l'a pas informé de ce qui a permis aux terroristes d'accomplir leur sombre dessein dans un endroit à sécurité maximale. Même le restaurant où mangeaient les deux comptables était muni de portes blindées.
«Kaboul, c'est un peu comme Rockcliffe à Ottawa, c'est l'endroit où se trouvent toutes les ambassades. [...] (À Kaboul), il y a un endroit avec des points de contrôle, tu ne peux pas entrer dans ces zones-là. Il y a probablement eu une collusion quelconque. On ne sait pas. La seule affaire qu'ils (le gouvernement) nous disent, c'est qu'ils font une enquête.»
M. Samson a toutefois pu obtenir plus de détails sur les circonstances du décès de ses employés. L'explosion initiale n'a pas tué les deux hommes, qui se sont alors réfugiés sous une table. D'autres terroristes avec des armes à feu ont assassiné les survivants de la déflagration. Martin Glazer et Peter McSheffrey ont été abattus de sang-froid.
Inexplicable en apparence, Pierre Samson ne se tourmente pas avec les raisons du décès des deux hommes. Les talibans sont responsables de tels attentats depuis une dizaine d'années, leurs motivations sont connues.
Pour leur patron, les deux hommes étaient malheureusement au mauvais endroit au mauvais moment.
«On était là dans des contrats pour aider à rebâtir l'Afghanistan. C'est l'ironie du sort de mourir dans un contrat où on est là pour aider. Mais on n'est pas les seuls, les soldats canadiens ont la même mission.»
Malgré les tristes événements, le président de Samson & Associés ne croit pas qu'il arrêtera d'accepter des contrats dans les zones à risque. «L'international représente 25% de notre chiffre d'affaires. On a toujours fait ça et on va continuer d'en faire. Moi-même, j'ai fait plus de 40 pays. Il y a des gens qui seront moins enclins à aller en zone de guerre.»