Ashes and Dust, de Warren Haynes

À 55 ans passés, Warren Haynes se paie un troisième album à son nom. Le troisième «seulement». Pas par indolence: le nom du guitariste apparaît sur une cinquantaine de disques, Haynes ayant longtemps partagé la route des frangins Allman, de The Grateful Dead et de Gov't Mule.
Sur Ashes and Dust, bien entouré des musiciens du Railroad Earth, le songwriter donne un aperçu - une leçon? - de son savoir-faire, tout en se dérouillant les doigts sur la guitare slide. La chevauchée est «Americana», mais la monture avance sans oeillères, guidée des orchestrations riches et variées: les violons folk côtoient les guitares électriques; les trémolos blues (Coal Tatoo) et les accents celtiques (Is It Me Or You) se mêlent aux canons roots (Stranded in Self-Pity).
Suave, la voix arpente les chemins poussiéreux (Glory Road) et les paysages urbains (Hallelujah Boulevard, aux luminosités nocturnes) avec la même aisance. Grace Potter l'accompagne en duo sur Gold Dust Woman.