Annie Coutu a rendez-vous ces jours-ci avec le Festival du film de l'Outaouais.

Annie Coutu fait son cinéma... ici

Ne cherchez pas la scénariste, réalisatrice et productrice gatinoise Annie Coutu d'ici au 21 mars: la cinéphile, créatrice et femme d'affaires a rendez-vous avec le Festival du film de l'Outaouais (FFO).
«Le Festival, c'est à la fois la possibilité de voir des films venant d'ailleurs, de diffuser nos oeuvres et de rencontrer différents intervenants du milieu auxquels nous n'aurions pas accès autrement», fait-elle valoir.
Mme Coutu profitera notamment du FFO pour présenter ses deux plus récents projets à titre de productrice: Entre deux eaux (A Fish Story), long métrage tourné à Lac-Sainte-Marie et Wakefield, en 2011, et traitant de deuil, culpabilité et rédemption; ainsi que le court métrage Les Heures blanches, sur l'intimidation, qui a été tourné dans le parc de la Gatineau et sera projeté dans le cadre du Gala d'ouverture du Festival, ce soir.
Si l'ancienne publicitaire a fondé la boîte Aisha Productions en 2000, c'était pour «me donner tous les outils pour réaliser mes projets. Depuis quatre ans, je fais toutefois beaucoup plus de production.»
C'est-à-dire de la gestion de demandes de financement, budgets (près de 5 millions $ pour Entre deux eaux), équipes (comédiens, techniciens, etc.), équipements, lieux de tournage.
Pour les besoins d'Entre deux eaux, par exemple, elle a dû construire de toutes pièces, et en deux semaines, un chalet «avec des cloisons amovibles» pour faciliter les déplacements des caméras et maximiser les angles de prises de vue. Au lieu d'être démoli, ledit chalet a été acheté par le propriétaire du terrain, à la fin du projet. Ce sont là autant d'aspects d'un film, court, moyen ou long, destiné pour le petit ou le grand écran, avec lesquels Annie Coutu doit composer, à une étape ou l'autre du développement du projet.
«En pub, à l'époque, je coordonnais des 30 secondes, Aujourd'hui, je fais des 90 minutes. À la base, le travail demeure le même: il faut savoir cibler notre clientèle avant même d'avoir tourné la première scène. Quand vient le temps de choisir de produire un film, je me demande toujours si je paierais pour aller voir une telle histoire au cinéma.»
Entre l'idée et la sortie en salles, la Gatinoise calcule «sept ans d'investissement» de temps et d'énergie. Elle doit dès lors croire fermement en l'histoire qu'elle choisit de porter à l'écran, qu'elle le fasse en tant que réalisatrice ou de productrice.
«Pour ma part, j'aime que derrière l'action, le projet soit porteur d'un message qui fait réfléchir ou peut changer quelque chose dans la vie des gens. C'est pour ça que j'ai craqué pour Entre deux eaux: je m'étais identifiée au père qui travaille beaucoup et ne voit pas autant ses enfants...» soutient Mme Coutu.
Quant à la région, elle soutient que l'Outaouais regorge de sites faciles d'accès, variés («On passe de la campagne à la ville en à peine 30 minutes!») qui méritent d'être connus et mis en valeur à l'écran. Selon elle, le FFO est une belle occasion de faire voir la région autrement par les gens de l'industrie qui s'y déplacent.