Alexandre Dupuis a eu besoin de trois opérations après un violent accident de vélo subi lors de la dernière séance d'un camp d'entraînement.

Alexandre Dupuis de retour en un morceau

Son coude droit a été brisé en cinq morceaux. Celui de gauche s'est retrouvé aussi en miettes. C'est sans compter des ligaments qui ont aussi écopé.
Six mois après un sérieux accident de vélo durant un camp d'entraînement en Alberta, Alexandre Dupuis renoue avec ses skis et sa carabine. Il participera à une étape du circuit nord-américain de biathlon, ce week-end, à Valcartier.
Un événement qui sert de qualification en vue de courses IBU (Union internationale de biathlon) en Europe.
« Que je sois capable de prendre part à cette compétition, c'est déjà une victoire pour moi », avoue l'athlète franco-ontarien natif de Vankleek Hill.
Il s'agira de son deuxième départ en piste depuis cette blessure majeure subie au milieu de l'été. Il avait concouru la semaine dernière à Jericho, au Vermont.
« Je ne le cacherai pas. Je ne suis pas proche d'être à 100 %. Mon corps, il s'est fait abuser dans les derniers mois. Mais en même temps, ça ne sera pas désastreux. Je me sens déjà mieux qu'il y a deux ans quand j'étais malade. »
Le plan à la poubelle
Dupuis a été victime de surentraînement en 2014-2015. Il a rebondi la saison dernière en se qualifiant en vue des championnats du monde juniors en Roumanie.
Cet hiver devait marquer son saut chez les seniors. Une occasion de mettre un pied dans la porte de l'équipe nationale à un an et demi des prochains Jeux olympiques, en 2018, à Pyeongchang.
Ce plan a pris le chemin de la poubelle lors d'une journée à la fin du mois de juin dernier. Il roulait à vélo avec d'autres biathlètes.
C'était la dernière session d'entraînement d'une longue semaine où le groupe s'était tapé en moyenne 100 km chaque jour. Les hommes ont décidé de doubler les femmes qui se trouvaient devant eux.
Au même moment, une jeune fille dans le peloton a accroché le pneu d'une coéquipière, déviant du même coup de son parcours. « Nous sommes rentrés de plein fouet dans elle », relate Dupuis, qui a été projeté 25 pieds plus loin.
« J'ai volé par-dessus », ajoute-t-il.
L'athlète âgé de 21 ans a vite découvert qu'il n'avait rien de Superman.
On connaît maintenant la suite. Multiples fractures. Deux bras dans le plâtre et retour au domicile de ses parents pendant trois mois.
« Ma mère devait me nourrir à la cuillère au bout de la table », fait remarquer Dupuis. Elle a aussi dû lui donner son bain pendant quelques semaines.
« Je ne pouvais rien faire... même pas aller à la salle de bain... même pas me gratter ! »
Le triple médaillé des Jeux du Canada peut en rire maintenant. Il se porte mieux, même s'il a dû passer sous le bistouri trois fois au total.
Une autre intervention chirurgicale l'attend après la saison en avril. Son coude gauche s'avère encore source de problèmes.
Ce qui l'a forcé à modifier sa carabine en vue de la présente saison. Il a pu commencer à tirer en novembre, trois mois plus tard que par le passé.
Toute sa préparation sur neige a aussi écopé. Et ça, il l'a ressenti à sa première sortie, la semaine dernière.
« Quand ça vient à l'intensité, je suis en déficit », dit-il.
C'est pourquoi ses attentes sont minimes en vue des sélections composées d'un sprint le samedi et une poursuite le dimanche.
« Et si je me qualifie (en vue des courses en Europe), je pense que j'offrirais ma place à quelqu'un d'autre, affirme Alexandre Dupuis. Je pense que la meilleure chose pour mon développement serait de retourner en Alberta pour m'entraîner et me préparer en vue des championnats canadiens tout en travaillant pour ramasser de l'argent en vue de la saison prochaine. »
Car le début de la campagne 2017-2018 sera crucial pour tout biathlète qui espère obtenir son billet olympique.
Dans sa tête, Dupuis sait déjà une chose. Remiser son équipement ne fait pas partie du plan de match. Surtout maintenant qu'il est de retour en un morceau. « Il n'y a aucun doute. Je continue », dit-il.