Gatineau prend la sceneAlain BarbeauPATRICK WOODBURY, LeDroit

Alain Barbeau, le vétéran

Du haut de ses 25 ans, le guitariste Alain Barbeau n'est pas le plus âgé des lauréats de Gatineau prend la scène, mais c'est lui le véritable vétéran, puisqu'il foulera pour la troisième fois les planches de la salle Odyssée, jeudi. Le Gatinois a déjà tenté l'expérience GPS il y a neuf ans.
«Je manquais de bouteille à l'époque. Cette fois, j'ai la chance de pouvoir vraiment prouver aux gens - et à moi-même - ce que je peux faire. Il y a eu un énorme cheminement», concède-il volontiers. Depuis, le musicien a fait ses classes à l'École nationale de la chanson de Granby, puis a sorti son premier cédé, Chemin Freeman, l'an dernier, année de sa deuxième participation à GPS... mais en tant qu'accompagnateur, dans l'ombre d'Antoni Gilbert, et non à titre personnel.
Surtout, Alain Barbeau est devenu entre-temps musicien professionnel.
Doigts agiles
Il se distingue aujourd'hui par sa maîtrise de la guitare acoustique, notamment du finger picking, une technique particulière qui multiplie les difficultés. Elle consiste à jouer en même temps la ligne de basse, la mélodie et les accords d'accompagnement, tout en assurant des effets de percussions en tapant les cordes avec son pouce.
«Ça sonne aussi complet que s'il y avait un band autour. Je m'autosuffis», expose-t-il.
Adolescent, il est tombé en amour avec la guitare en écoutant Chet Atkins et Tommy Emmanuel, deux géants du finger picking. «Toute mon énergie est concentrée sur la guitare acoustique. Je ne possède même pas de guitare électrique.» En revanche, il a une Guild F50 autographiée par Tommy Emmanuel. Son idole a même pris le temps de jouer quelques mesures dessus, lors de son passage au Casino du Lac-Leamy, en 2012.
Alain Barbeau affiche une apparence discrète. L'humilité des vrais pros ? «Je peux paraître timide, au premier abord, mais sur scène, c'est carrément autre chose, je suis très showman», conteste-t-il.
C'est sans doute un peu grâce à lui si Stef Paquette vient de remporter cinq prix, dont le prix Coup de foudre Réseau Ontario, le week-end dernier, dans la foulée de leur prestation aux vitrines de Contact Ontarois. Le guitariste avait pourtant été approché à la dernière minute: «J'ai eu à peine deux semaines pour me pratiquer.»
Le jeune homme a aussi eu l'occasion de se produire en première partie de Marie-Élaine Thibert, Dumas et Boom Desjardins, entre autres, et s'apprête à ouvrir pour Chloé Sainte-Marie.
Le talent des autres
«Mes forces, ce sont la technique et les mélodies. Je consacre moins d'énergie aux paroles, mais du coup, ça m'incite à faire des collaborations avec d'autres artistes [plus doués] au niveau des textes. Avec l'expérience, tu te permets d'avantage d'aller chercher le talent des autres.»
Il entrevoit naturellement un disque avec sa blonde, l'auteure-compositeure-interprète Geneviève Roberge-Bouchard, avec qui il partage régulièrement la scène.
Mais dans l'immédiat, il a surtout hâte de travailler la mise en scène de ses chansons, avec la complicité de Claire Duguay, qui coache en ce moment les lauréats de GPS.