À l'époque du vol, le SAPI avait déterminé qu'aucune brèche dans la sécurité n'était survenue, mais voilà qu'au cours des dernières semaines, l'adjudicateur aurait été victime de chantage de la part d'une personne qui menaçait de rendre public le contenu de cet ordinateur.

Affaires autochtones: nouvelle brèche de sécurité

Une enquête policière a récemment été ouverte à la suite d'une nouvelle faille de sécurité liée au ministère des Affaires autochtones, a appris LeDroit.
Cette fois, il semblerait qu'un avocat soit la cible de chantage après s'être fait voler son ordinateur portable, qui contenait des données extrêmement confidentielles sur des victimes des pensionnats autochtones.
Selon nos informations, le vol de renseignements est survenu en 2012. On ne connaît pas l'identité de l'avocat.
On sait qu'il est employé par le Secrétariat d'adjudication des pensionnats indiens (SAPI), où il agit comme «adjudicateur». Sa tâche principale consiste à évaluer les réclamations d'anciens élèves des pensionnats indiens victimes de sévices sexuels ou de sévices physiques graves, peut-on lire sur le site Web du SAPI.
En vertu de son travail, il doit avoir accès à des données extrêmement confidentielles sur les victimes d'agressions sexuelles, incluant notamment les dossiers médicaux et un bilan des actes subis.
À l'époque du vol, le Secrétariat avait déterminé qu'aucune brèche dans la sécurité n'était survenue. Selon nos informations, l'ordinateur avait d'ailleurs été retrouvé.
Mais voilà qu'au cours des dernières semaines, l'adjudicateur aurait été victime de chantage de la part d'une personne qui menaçait de rendre public le contenu de cet ordinateur, au point tel qu'une enquête a été ouverte.
Lundi, le Secrétariat a confirmé que le dossier a été rouvert récemment.
«Nous pouvons confirmer qu'il y a eu possibilité d'une brèche de sécurité en 2012, relié à la possibilité de vol d'information d'un adjudicateur», a écrit le porte-parole du SAPI, Michael Tansey, dans un courriel.
«Dernièrement, nous avons reçu de nouvelles informations à cet égard et nous examinons les faits», a-t-il ajouté.
Le Secrétariat a maintenu, lundi, ne détenir aucune information au sujet d'une enquête policière, avant de finalement concéder avoir «communiqué avec la police sur ce dossier».
Le Secrétariat de l'accès à l'information et de la protection des renseignements personnels a été avisé.
Le bureau de la commissaire à la vie privée a également admis avoir été mis au courant de la situation, lundi. Le bureau n'était pas en mesure de fournir plus de détails, pour le moment.
Selon le Secrétariat d'adjudication des pensionnats indiens, l'avocat au centre de l'affaire a pris une «absence autorisée».
Nombreux déboires
C'est loin d'être le premier incident lié à la protection des renseignements personnels au ministère des Affaires autochtones.
En décembre dernier, un adjudicateur a été suspendu après s'être fait voler des documents confidentiels dans sa voiture, au centre-ville de Montréal.
Affaires autochtones et Développement du Nord Canada avait dû contacter 43 présumées victimes et 16 personnes d'intérêt pour les aviser que leur confidentialité avait été violée.
Ce vol est survenu quelques mois à peine après que le ministère eut fait l'acquisition, au coût de 75000$, de 700 clés USB cryptées. Celles-ci n'avaient visiblement pas été utilisées par l'employé fautif.
À l'époque, le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, se disait «très contrarié» et était d'avis que l'avocat fautif n'avait pas respecté les «règles élémentaires» de sécurité.
Lundi, le bureau du ministre Valcourt a refusé de commenter, renvoyant toutes les questions au Secrétariat.
En février 2013, un document sur les ressources humaines du Ministère a été égaré. En 2012, trois clés USB ont été perdues. L'une d'elle n'a jamais été retrouvée.
Au cours de la dernière année, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada a organisé des formations, à l'intention de tous ses employés, sur la protection des renseignements personnels.