Ales Hemsky a connu des saisons de 100 et 97 points... à l'époque où il jouait pour les Olympiques de Hull.

Acheter Hemsky, pas une bonne affaire

Du temps où il jouait pour les Olympiques de Hull, j'adorais Ales Hemsky.
Doté de feintes déconcertantes, le gars avait connu des saisons de 100 et 97 points alors qu'il avait 17 et 18 ans. Lors de sa première campagne, lui et Bruno Lemire avaient réussi à faire compter 30 buts à Roberto Bissonnette, qui était leur protecteur - c'était bien avant qu'il ne devienne Bob Bissonnette, le chanteur.
Une douzaine d'années plus tard, voilà qu'il revient dans le coin pour porter les couleurs des Sénateurs d'Ottawa.
Est-ce que c'est une bonne idée d'avoir cédé des choix de troisième en 2015 et cinquième rondes en 2014 aux Oilers pour obtenir l'habile Tchèque?
Permettez-moi d'en douter.
Au lendemain d'un revers contre Edmonton où Hemsky a justement compté deux buts, et avant d'affronter les Flames en soirée avec leur nouvelle acquisition, les Sénateurs se retrouvaient à quatre points du dernier rang permettant d'accéder aux séries. Trois autres clubs (Détroit, Washington et le New Jersey) se trouvent entre eux et les Blue Jackets de Columbus, actuels détenteurs de ce huitième rang dans l'Est.
Selon Sports Club Stats, leurs chances d'accéder aux séries éliminatoires dans de telles circonstances sont d'à peine 14,4%.
Comme je l'avais écrit la semaine dernière après leur cuisant revers contre les Red Wings au retour de la pause olympique, c'était le temps pour eux de vendre quelques actifs, et non d'acheter.
Certains trouvent que payer deux choix de milieu de repêchage pour une vingtaine de parties cruciales en fin de saison, ce n'est pas cher payé. Peut-être que c'est le père d'un choix de sixième ronde qui est biaisé, mais personnellement, je pense le contraire.
Ils ont bien fait de s'entendre avec leur vétéran Chris Phillips, qui a accepté une diminution de salaire en échange d'un contrat de deux ans. Une entente qui pourrait lui permettre de terminer sa carrière là où elle a commencé, contrairement à Daniel Alfredsson.
Mais en plus de laisser partir Cory Conacher au ballottage, ce qui laissera plus de place pour la recrue Mike Hoffman, et d'envoyer Joe Corvo dans la Ligue américaine, il me semble qu'il aurait mieux valu liquider un joueur décevant comme Milan Michalek qui sera joueur autonome sans compensation le 1erjuillet prochain, au lieu d'aller chercher un autre agent libre.
Si vous pensez que parce qu'il a joué pour les Olympiques, les chances de convaincre Hemsky de signer un nouveau pacte à Ottawa sont meilleures, vous êtes bien naïfs. Il va aller là où l'offre est la plus alléchante.
Pas de miracles
Malgré toutes ses habiletés, Hemsky demeure un joueur fragile, lui qui n'a joué que 55 parties cette saison, marquant à peine 9 buts. Il a 30 ans et sa meilleure saison remonte à 2005-2006 où il a récolté 77 points.
Je ne suis pas plus convaincu qu'il va être un ailier capable de bien compléter Jason Spezza, lui qui aime charrier la rondelle autant que le capitaine des Sénateurs peut le faire.
On verra bien ce que ça va donner, mais ne vous attendez pas à des miracles.
Comparativement au Canadien avec Tomas Vanek ou aux Rangers et au Lightning qui se sont échangés leurs capitaines, Martin St-Louis et Ryan Callahan, les Sénateurs ont été des acteurs mineurs en cette journée fort occupée dans la Ligue nationale.
Semaine de gardiens
Par contre, au cours de la dernière semaine, ce sont les gardiens de buts qui ont surtout retenu l'attention dans le circuit Bettman. Depuis vendredi, quand Ryan Miller et Jaroslav Halak ont changé de place, il y a 12 gardiens qui ont changé d'adresses, incluant Halak une deuxième fois, passé aux Capitals hier.
Le plus surprenant dans tous ces échanges de portiers est évidemment celui qui a renvoyé Roberto Luongo en Floride.
Quelle saga! Son agent Pat Brisson, un autre ancien Olympique, a laissé entendre sur les ondes de la radio de TSN 1050 à Toronto hier que si son client avait affronté les Sénateurs dimanche lors de la Classique Héritage, «il serait probablement encore à Vancouver».
La goutte qui a fait déborder le proverbial vase, quoi, ce qui a grandement contribué à accélérer le jeu de chaises musicales, Tim Thomas se retrouvant notamment à Dallas.
Dommage, j'espérais le voir aboutir à Washington, où il avait refusé d'aller visiter la Maison-Blanche après la conquête de la coupe Stanley par les Bruins, contre les Canucks de Luongo.