Le magicien Vincent C aime voir les têtes blanches dans la salle. «Ils comprennent ce type d'humour, trippent avec mon personnage d'innocent qui fait des affaires un peu mongoles-flyées.»

Abracadabra au bazooka

Sa baguette magique: un grand couteau. Parmi ses accessoire, un bazooka. Et une colombe qui a dû apprendre à faire le mort.
Sur scène, le magicien humoriste Vincent C. s'amuse à faire gicler des litres de (faux) sang. Il en versera d'ailleurs sur celle de la Salle Jean-Despréz, où il est attendu jeudi.
Ce n'est «pas pour choquer» qu'il a recours à l'hémoglobine, mais parce que «personne au Québec, n'avait pris cette niche-là». «Pourtant, note-t-il, ce genre était très fréquent dans les année 1940. En Europe, Mireldo faisait des décapitations live ou brûlait son assistante dans un chaudron d'eau bouillante et [...] le monde riait.»
«Tout dépend de la mise en scène. Moi, ce n'est pas violent. Je ne présente pas ça comme Massacre à la tronçonneuse, mais plutôt comme Addams Family. Il y a un côté Jackass... on se dit 'oups, le gars s'est trompé!'» précise celui qui travaille beaucoup avec Serge Denoncourt, metteur en scène du Believe de Criss Angel.
Vincen C. a été qualifié de «Mike Ward de la magie. L'étiquette l'amuse. «Je ne suis pas vulgaire; juste grossier, parfois».
Le «langage populaire» de son personnage scénique contraste désormais avec son look, car il a laissé tombé son image de bum turbulent. «Je suis rendu propre, avec une belle coupe de cheveux. Je suis devenu plus crédible, depuis que mon personnage a vieilli et que je n'ai plus l'air d'un ado attardé. Mes niaiseries sont pourtant les mêmes - elles sont juste mieux amenées», dit le Lavallois de 32 ans.
Il revient d'une tournée intensive dans les écoles secondaires de l'Ontario, dans la foulée de cinq mois passé à Paris avec le Komedy Majik Cho, animé par le transformiste italien Arturo Brachetti.
À Gatineau, il vient offrir «un genre de best-of»: «Il y a moins de sang qu'avant, mais il en reste. Ce n'est pas de la magie familiale.» Ce spectacle vitrine non baptisé préfigure un futur one man show plus ambitieux... si toutefois l'Europe ne lui remet pas le grappin dessus d'ici là, car ses prestations parisiennes ont connu un vif succès, à lire la presse.
Les magiciens qui jouent sur le mystère en faisant mine d'avoir des pouvoirs, «ça m'énerve. Je ne fais pas dans la magie: je fais dans l'humour.» La magie n'est pour lui qu'un «outil» pour communiquer efficacement ses «messages».
Avant, «c'était l'aspect visuel qui primait. De plus en plus, mes numéros essaient de dire quelque chose. «Je parle des grandes croyances populaires, les religions, le vaudou, le spiritisme ou l'intuition féminine.» Il transportera par exemple son public au temps de l'Inquisition, à l'affût d'une sorcière à brûler.
«Pas pour éduquer les gens, juste les informer un peu, sans se prendre au sérieux. On a peur de ce qu'on ne comprend pas, alors j'essaie d'expliquer, de façon toujours humoristique, que tout ce qui essaie de se faire passer pour de la magie, c'est de la bulls"t, des trucs qu'on peut tous reproduire.»
«Moi, c'est de l'anti-magie. Souvent, je dévoile mes trucs. Pourquoi toujours dire au public 'vous vous sentez épais, hein! Vous ne connaissez pas le secret...' Je suis plus du genre: 'j'ai appris des affaires cool: ça vous tentes-tu que je vous les montre...»
Son nouveau dada: semer le doute dans l'esprit des gens pour voir comment ils réagissent. «Notre cerveau est malléable, je montre comment on peut le peut le convaincre, jute avec des mots.»
POUR Y ALLER :
OÙ ? Salle Jean-Despréz
QUAND ? jeudi 13 mars, 20h
RENSEIGNEMENTS ? 819 243 8000 ; www.ovation.ca
ybergeras@ledroit.com