Au moment de sa création, le 1er janvier 2001, la nouvelle Ville d'Ottawa compte 785 000 habitants. La grande ville s'étend sur 110 km d'ouest en est, c'est-à-dire de la frontière de Rockland jusqu'à Kinburn.

72 - La nouvelle Ville d'Ottawa prend forme

Le 1er janvier 2001, la nouvelle Ville d'Ottawa est née. Adieu Vanier, Gloucester, Cumberland, Rockcliffe Park, Nepean, Kanata, Goulbourn, Rideau, West Carleton et Osgoode, et bienvenue dans la seule et unique Ville d'Ottawa.
C'est d'ailleurs ce que titrait LeDroit dans son édition du mardi 2 janvier 2001 : « Bienvenue à Ottawa ». Et en page 3, sous le titre « Ottawa voit le jour », la journaliste Dianne Paquette-Legault écrivait :
« Bienvenue à Ottawa. Population 785 000.
« La nouvelle ville d'Ottawa est née, hier, fruit de la fusion de 11 municipalités et de la Région d'Ottawa-Carleton. Imposée par Queen's Park, cette fusion municipale fait d'Ottawa la quatrième plus grande ville au pays. »
Selon le président du Conseil de transition d'Ottawa, Claude Bennett, ce 1er janvier 2001 est une « journée historique ». « La naissance de la nouvelle ville, c'est l'aboutissement de 30 années d'évolution des administrations locales », déclare-t-il à la journaliste du Droit.
D'une superficie de 2 767 kilomètres carrés, la nouvelle Ville d'Ottawa s'étend sur 110 km d'ouest en est, c'est-à-dire de la frontière de Rockland jusqu'à Kinburn.
Sur le plan économique, on apprend dans cette édition du Droit que la fusion municipale a permis de réduire le nombre d'élus de 84 à 22 et devrait permettre de réaliser des économies annuelles de l'ordre de 86 millions $ après la troisième année d'existence de la ville.
Et sur le plan des ressources humaines, la journaliste Dianne Paquette-Legault écrit :
« Les pertes d'emplois sont de l'ordre de près de 1200 postes sur un total de 12 000 employés. La plus importante dépense provient du programme de départ des employés dont le coût s'élève à 102 millions $, soit une prime de départ moyenne de 100 000 $ pour chaque employé quittant la fonction publique municipale ou régionale. »
Les francophones
Dans son édition du mercredi 3 janvier 2001, la journaliste Dianne Paquette-Legault recueille les opinions des leaders de la communauté francophone d'Ottawa sur cette fusion municipale. Et ceux-ci se disent optimistes face à l'avenir des Franco-Ontariens d'Ottawa.
Dans un texte intitulé « La fin de l'esprit de clocher », on peut lire les commentaires qui suivent :
« 'Tous les ingrédients de la francophonie entrent dans une même salade, lance Bernard Grandmaître, ancien maire de Vanier et ministre provincial. La francophonie va résonner partout', ajoute celui surnommé le 'père de la Loi 8'. »
« Les francophones vont se sentir moins isolés. Il va y avoir plus d'entraide et de solidarité », affirme pour sa part Gisèle Lalonde, ancienne mairesse de Vanier et présidente du mouvement S.O.S. Montfort.
Puis cette dernière revient sur la sempiternelle question sur le bilinguisme officiel à Ottawa.
« Le pays est bilingue et Ottawa doit l'être, dit-elle. La capitale d'un pays bilingue devrait être un leader en matière de bilinguisme. Le maire (Bob) Chiarelli devrait avoir le courage politique. Ottawa devra donner le ton aux autres villes canadiennes. Les francophones n'accepteront rien de moins que des services égaux à ceux offerts à la population anglophone. »
Douze ans plus tard, la Ville d'Ottawa n'est toujours pas officiellement bilingue, et le maire, Jim Watson, à l'instar de ses prédécesseurs, s'oppose farouchement à une telle désignation.