Le grand rassemblement de SOS Montfort au Centre municipal d'Ottawa, le 22 mars 1997.

5- 10 000 Franco-Ontariens pour sauver Montfort

«L'avenir est à ceux qui luttent».
Cette devise du Droit de 1913 paraissait toujours d'actualité le 22 mars 1997, lors du grand rassemblement de SOS Montfort au Centre municipal d'Ottawa.
Plus de 10 000 Franco-Ontariens sont venus manifester leur attachement à leur hôpital francophone menacé de fermeture par le gouvernement conservateur de Mike Harris. Jamais depuis le Règlement XVII le journal LeDroit ne s'était autant investi dans une lutte à la fois sociale et politique.
Le 23mars 1997, LeDroit publiait une très rare édition du dimanche qu'il consacra au grand rassemblement de SOS Montfort. Toute l'équipe de rédaction du quotidien prête sa plume pour souligner cet événement historique.
«Une foule survoltée fait vibrer le Centre municipal pour sauver l'hôpital Montfort. «10000 fois «Jamais!», titre LeDroit. «Plus de 10 000 Franco-Ontariens ont tenu leur rendez-vous avec l'histoire(...) Jamais!, ils ont répété. Jamais! La communauté franco-ontarienne ne permettra la fermeture de l'hôpital Montfort, son hôpital», écrit Denis Gratton.
Devant une foule survoltée, qui s'était entassée dans le Centre municipal d'Ottawa, la présidente de S.O.S. Montfort, Gisèle Lalonde, a lancé un vibrant appel à tous les Franco-Ontariens, renchérit son collègue Jean-Michel Gauthier.
«Nous devons crier sans hésitation et sans peur qu'on ne touche pas à Montfort. Le Canada a les yeux rivés sur nous. Les Canadiennes et les Canadiens regardent aujourd'hui un peuple debout!», déclare-t-elle sous un tonnerre d'applaudissements et de hurlements.
«La campagne S.O.S. Montfort fait revivre le militantisme des Franco-Ontariens et stimule les troupes de l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO)», écrit pour sa part Charles Thériault.
Quant au journaliste Marco Fortier, il donne la parole aux manifestants. «Je suis mort et ressuscité à l'hôpital Montfort», affirme Richard Hudon.
Le bonhomme de 52 ans est parti de Toronto, hier, pour venir manifester en faveur de l'hôpital francophone d'Ottawa. «Je ne serais pas en vie sans Montfort», dit-il sous la plume de Marco Fortier.
La mobilisation pour sauver l'hôpital Montfort marque le réveil des Franco-Ontariens pour toutes les batailles à venir, ont avancé des ténors francophones radieux après le grand rassemblement d'hier, écrit Marco Fortier. «Ce n'est que le début du combat», dit le directeur général de Montfort, Gérald Savoie.
Le gouvernement Harris n'aura pas le choix de reculer sur sa décision de fermer le seul hôpital francophone de la capitale, croit M.Savoie. «Qui sait jusqu'où le mouvement pourrait aller si l'écoute active du gouvernement ne se manifeste pas?», dit-il.
«On n'abandonne pas tant que ce n'est pas fini», a lancé Gisèle Lalonde, qui avait presque perdu la voix au terme de la grande manifestation.
La présidente du Comité SOS Montfort, Gisèle Lalonde, adressait ces mots de remerciement au Droit dans la rubrique du courrier des lecteurs: «Je tiens à remercier sincèrement Le Droit de l'appui exprimé à la suite de l'annonce de la Commission de restructuration des services de santé de l'Ontario concernant la fermeture de l'hôpital Montfort.»
Détenteur d'une maîtrise en histoire de l'Université d'Ottawa, Hugues Théorêt a collaboré à plusieurs publications. Il signe régulièrement des textes dans la revue historique régionale Hier encore où il agit à titre de rédacteur en chef.