22h22, d'Ariane Moffatt

Ariane Moffatt met fin à la parenthèse qu'elle s'était accordée pour s'occuper de ses deux marmots, loin de la création artistique. Son cinquième album studio flotte dans les atmosphères oniriques d'une pop électronique planante aux accents new age. 22h22 lui sert de douce transition entre son cocon familial et la bulle du studio.
L'instinct maternel protecteur de maman Moffatt s'exprime ici sous toutes ses coutures: avec délicatesse, sur la berceuse Doménico; avec une dose d'humour, sur Matelots & Frères, où elle réarrange électroniquement les lallations de ses jumeaux et leurs premières manipulations musicales; ou dans l'inquiétude, sur Les tireurs fous, nourrie par les violences armées qui ont frappé Moncton, Ottawa et Paris, ces derniers mois.
Le premier extrait, Debout, est un hymne au couple qui trouvera écho dans plusieurs autres morceaux «amoureux», dont la très poétique Les deux cheminées. 22h22 se conclut sur Toute sa vie, avec ce «choeur magique» réunissant les voix éparpillées de ses fans, à qui l'artiste avait demandé de chanter quelques mesures d'une mélodie, et de balancer ça sur la Toile.
Un disque d'approche facile et d'écoute agréable. On lui préférait toutefois la densité échevelée de MA.