Le nouveau maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

2013 politique à Gatineau

UN PERSONNAGE: Maxime Pedneaud-Jobin
Sa victoire sans appel à la mairie de Gatineau, le 3 novembre dernier, a fait de Maxime Pedneaud-Jobin la personnalité politique la plus marquante de 2013 à Gatineau. Le vent de renouveau qui souffle à l'hôtel de ville et le changement de ton dans l'administration municipale depuis que les électeurs, dans une forte proportion de 52 %, ont donné à M. Pedneaud-Jobin la direction de la ville, font en sorte que les années Marc Bureau semblent déjà bien loin derrière. Dans la même année, l'ancien conseiller de Buckingham a fondé un parti, formé une équipe autour d'un programme, mené une campagne électorale comme rarement les Gatinois en avaient vu, et finalement, il a réussi à déloger Marc Bureau, largement favorisé par les sondages. Le nouveau maire et les quatre élus d'Action Gatineau sont toutefois minoritaires autour de la table du conseil municipal, ce qui a déjà provoqué quelques flammèches entre certains indépendants proches de l'ancien maire et M. Pedneaud-Jobin. Reste maintenant à M. Pedneaud-Jobin à convaincre la population de faire confiance, dans une plus large mesure, à son parti politique. Le maire a tout un mandat devant lui pour y arriver. Plusieurs observateurs prédisent déjà que la venue d'un premier parti politique à Gatineau mènera à la naissance d'autres formations politiques municipales à temps pour les prochaines élections.
UN LIEU: le Rapibus
Les Gatinois se souviendront longtemps de cette journée du 19 octobre 2013, mais peut-être pas pour les bonnes raisons. C'est ce jour-là que le Rapibus est entré en service... avec trois ans de retard sur l'échéancier initial. Ce nouveau système de transport doit modifier la façon dont les Gatinois se déplaceront pour les 50 prochaines années. La construction de ce corridor de 12 kilomètres réservé uniquement aux autobus a cependant été plombée par d'importants ratés au chapitre de la planification par la Société de transport de l'Outaouais. D'abord estimés à 155 millions $, les coûts du projet ont été revus à la hausse à trois reprises, passant à 195 millions $, à 233 millions $ puis finalement à 255 millions $. Québec a même forcé la STO à amputer le projet du dernier tronçon reliant les boulevards Labrosse et Lorrain afin de faire cesser l'hémorragie. Lancé en pleine campagne électorale alors que le système manquait visiblement de peaufinage, le Rapibus est instantanément devenu un enjeu électoral. Plusieurs usagers se sont plaint que le service était plus lent avec le Rapibus. Dans certains cas, les trajets se sont rallongés de 30 minutes. Maxime Pedneaud-Jobin a promis, en campagne électorale, de régler les problèmes du Rapibus en remettant en service des lignes express, notamment dans le secteur Est de la ville. Un montant supplémentaire de 1,4 million $ sera dépensé en mesures de correction qui doivent être implantées dès janvier 2014.
<p>La juge France Charbonneau.</p>
UN MOT: collusion
Pendant des mois, l'ancien maire de Gatineau, Marc Bureau, s'est efforcé de nier l'existence de collusion dans sa ville, mais le 1er mars au matin, LeDroit révèle, en ligne sur son site Internet, que le Bureau de la concurrence du Canada est en train de frapper contre quatre grandes firmes de génie présentes à Gatineau : Genivar, Dessau, CIMA+ et Tecsult. Les enquêteurs fédéraux sont à la recherche de documents concernant des contrats liant ces firmes à la Ville de Gatineau. À partir de là, tout déboule. Plus personne ne peut affirmer que Gatineau ne vit pas dans le même monde que les autres grandes villes du Québec. Le discours de Marc Bureau change. Il affirme dès lors qu'il y a «peut-être un système en place». Le 3 septembre, l'ingénieur gatinois de AECOM, Marc-André Gélinas, lance une bombe devant la commission Charbonneau. Un système de collusion a été en place à Gatineau de 2003 à 2009. LeDroit révélera à la fin du mois de septembre que 85 contrats municipaux sont touchés par ce système et que les sept ingénieurs visés par les enquêtes ont versé, ensemble, plus de 80 000 $ à la caisse du Parti libéral du Québec. Marc Bureau tentera de rassurer la population en affirmant que ce système de collusion n'aurait rien coûté aux contribuables gatinois. Des documents à nouveau révélés par LeDroit viendront une fois de plus contredire M. Bureau. Selon les enquêteurs du Bureau de la concurrence du Canada, les firmes collusionnaires se sont entendues entre elles pour «ne pas couper les prix, le tout afin de maximiser la valeur des honoraires touchés par les firmes d'ingénierie».
<p>L'ancien maire Bureau n'a participé qu'à un seul débat lors de la campagne électorale.</p>
UN CHIFFRE: 1
Un. Un seul. C'est le nombre de débat auquel le maire sortant de Gatineau, Marc Bureau, a participé lors de la dernière campagne électorale. Il a refusé tous les autres, sans exception, causant ainsi la frustration de ses deux adversaires à la mairie, Jacques Lemay et Maxime Pedneaud-Jobin. Le seul débat auquel Marc Bureau a accepté de participer s'est tenu dans les studios de Radio-Canada. Ce débat n'a duré que 24 minutes. Il a été jugé trop court, cacophonique et plutôt confus. La stratégie du maire sortant ne faisait aucun doute. Il a tenté de réduire au minimum ses apparitions médiatiques. Il n'a fait que quatre petites conférences de presse et a refusé la majorité des demandes d'entrevues. Plusieurs observateurs ont vu dans cette tactique la démonstration de ce qui ne fonctionnait plus à l'hôtel de ville après huit ans d'administration Bureau. Le manque de transparence, la difficulté à communiquer et la détérioration des liens entre l'administration et la presse régionale ont marqué la fin du mandat de Marc Bureau. Ses adversaires lui ont remis sur le nez ses lacunes en communication et son absence des débats à chaque occasion qu'ils avaient de le faire. L'absence du maire auprès des usagers du Rapibus, alors que le nouveau système connaissait des ratés importants, a aussi été notée à grands traits par la population.
UNE RÉSOLUTION: que la quatrième plus grande ville prenne sa place
Après tant d'années d'attente, d'indécision, de reculs et de pas de côté, il ne serait pas trop ambitieux pour Gatineau d'espérer la réalisation, finalement, de son centre multifonctionnel en 2014. Gatineau peut donc se permettre un autre souhait qui devra prendre la forme d'une résolution. Que l'année qui vient soit celle où Gatineau se dotera du pouvoir politique qui lui revient au Québec, celui de la quatrième plus grande ville de la province. Une première visite de la première ministre du Québec, Pauline Marois, serait déjà un début. Peut-être pourrait-elle en profiter pour joindre l'utile à l'agréable en se payant, en même temps, la première pelletée de terre du centre multifonctionnel. Les assises annuelles de l'Union des municipalités du Québec qui se tiendront à Gatineau au printemps seront aussi une belle occasion pour Gatineau de s'émanciper devant la visite.