Lisa MacLeod

2013, dans les deux langues officielles

Si leur message est entendu, 2014 pourrait être l'année des 25 000 étudiants franco-ontariens. Depuis deux ans, ils montent à toutes les tribunes pour dénoncer les inégalités dont ils se disent victimes et pour réclamer une vraie université de langue française en Ontario. Le plan d'action pour l'éducation postsecondaire de 15 millions $ annoncé par le gouvernement libéral de Kathleen Wynne à l'automne, qui prévoit d'accroître l'accès aux études collégiales et universitaires en français dans la région du Grand Toronto, n'a pas satisfait grand monde. Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) entend revenir à la charge avec une liste de demandes claires, des exigences issues de la vaste consultation populaire réalisée en 2013 à l'échelle de l'Ontario français.
Un personnage: Lisa MacLeod
Un peu malgré elle, la députée provinciale Lisa MacLeod a fait la manchette lorsque le chef du Parti progressiste-conservateur Tim Hudak l'a nommée porte-parole en matière d'affaires francophones, et ce bien qu'elle ne parle pas le français. « J'ai offert d'endosser cette responsabilité car la langue et la culture française sont des sujets importants dans ma circonscription de Nepean-Carleton », a indiqué la critique conservatrice dans un discours parfois incompréhensible prononcé à Queen's Park. Aucun autre député du Parti PC ne parle le français. L'élue succède à Peter Shurman, qui a démissionné en raison d'une controverse entourant ses dépenses.
Un lieu : Hamilton
Persuadé d'avoir épuisé tous les recours, un conseil scolaire franco-ontarien de Hamilton a intenté en novembre une poursuite contre le gouvernement de l'Ontario pour forcer la province à financer la construction d'une nouvelle école. Le Conseil scolaire catholique Centre-Sud réclame la construction immédiate d'une nouvelle école secondaire de langue française pour desservir la région de Hamilton, ce qu'il revendique depuis la fin des années 1990. Le gouffre qui sépare les installations des écoles francophones et anglophones menace carrément la survie de la population francophone de Hamilton, affirme le conseil, en plus de contrevenir à l'article 23 de la Charte des droits et libertés qui garantit l'instruction dans la langue de la minorité. La décision de la cour pourrait avoir des répercussions à l'échelle de la province.
Un mot : indépendance
Les libéraux ont finalement plié aux demandes du NPD et des principaux organismes communautaires de l'Ontario français : à partir du 1er janvier, le commissaire aux services en français François Boileau sera complètement indépendant de la ministre déléguée aux Affaires francophones. Le projet de loi 106, adopté à l'unanimité par Queen's Park, fait du CSF un officier de l'Assemblée législative, à l'instar de la vérificatrice générale et de l'ombudsman, notamment. Il se rapportera maintenant à tous les parlementaires.
Un chiffre : 419
Comme dans C-419, la Loi concernant les compétences linguistiques de la députée néo-démocrate Alexandrine Latendresse, adoptée en juin à l'unanimité aux communes. Les candidats à 10 postes-clés, dont le vérificateur général, le commissaire aux langues officielles et le directeur d'Élections Canada devront désormais maîtriser préalablement les deux langues officielles pour obtenir l'emploi. La nomination en novembre 2011 de l'unilingue anglophone Michael Ferguson à titre de vérificateur général avait suscité tout un tollé.
Une résolution : un «vrai» plan pour le postsecondaire franco-ontarien
Si leur message est entendu, 2014 pourrait être l'année des 25 000 étudiants franco-ontariens. Depuis deux ans, ils montent à toutes les tribunes pour dénoncer les inégalités dont ils se disent victimes et pour réclamer une vraie université de langue française en Ontario. Le plan d'action pour l'éducation postsecondaire de 15 millions $ annoncé par le gouvernement libéral de Kathleen Wynne à l'automne, qui prévoit d'accroître l'accès aux études collégiales et universitaires en français dans la région du Grand Toronto, n'a pas satisfait grand monde. Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) entend revenir à la charge avec une liste de demandes claires, des exigences issues de la vaste consultation populaire réalisée en 2013 à l'échelle de l'Ontario français.