Alain Lalonde, vérificateur de la Ville d'Ottawa.

2013 à la Ville d'Ottawa

UN PERSONNAGE: Alain Lalonde
Le vérificateur général de la Ville d'Ottawa, Alain Lalonde, tire sa révérence le 31 décembre après presque 10 ans de service à la municipalité. Embauché le 14 juillet 2004 après avoir fait le même travail pour la Ville de Gatineau, M. Lalonde a effectué 122 vérifications entre 2005 et 2012. Des 1713 recommandations qu'il a formulées, seulement 152 n'ont pas été appuyées par la Ville d'Ottawa. Depuis le dépôt de son premier rapport, il a trouvé des économies potentielles totalisant 51 millions de dollars. La Ville d'Ottawa lui a rendu hommage plus tôt au mois de décembre. Le maire Jim Watson soulignait alors que le vérificateur général «avait toujours travaillé avec diligence, et avec l'intérêt supérieur de la ville à coeur», même si la nature de son emploi provoquait certains désaccords avec les élus. M. Lalonde sera remplacé par le trésorier municipal adjoint d'Ottawa, Ken Hughes, dans la nouvelle année.
<p>L'hippodrome Rideau-Carleton.</p>
UN LIEU: l'hippodrome Rideau-Carleton
L'idée d'un casino à Ottawa avait d'abord fait surface en 2012. La Société des loteries des jeux de l'Ontario a décidé d'entreprendre une «modernisation» de son modèle d'affaires pour favoriser la venue de 29 nouveaux casinos, dont un à Ottawa. À l'époque, le maire Jim Watson favoriserait la venue d'une maison de jeu au centre-ville pour rivaliser avec le Casino du Lac-Leamy de Gatineau et ainsi récupérer les millions de dollars dépensés sur la rive outaouaise. La menace du retrait des machines à sous des hippodromes de la province a toutefois changé la donne. Craignant la fermeture éventuelle de l'hippodrome Rideau-Carleton, et une perte de revenu de 4,4 millions pour la Ville, le maire Watson a changé son fusil d'épaule. En juin dernier, il a désigné l'endroit comme «le seul emplacement acceptable» pour accueillir un casino à Ottawa, une décision qui a grandement déplu au propriétaire des Sénateurs d'Ottawa, Eugene Melnyk, qui planchait depuis 2006 sur un projet de maison de jeu à côté du Centre Canadian Tire, à Kanata. Le milliardaire a même menacé de poursuivre la Ville. Le 28 août dernier, les élus ont donné le feu vert à un projet de casino format réduit de 21 tables avec croupiers à l'anneau équestre du sud rural de la ville, mettant un point final à un long et tortueux débat sur l'élargissement de l'offre de jeu de hasard.
UN MOT: Presto
La mise sur pied d'un nouveau système de paiement électronique à bord des autobus d'OC Transpo devait, à l'origine, se faire illico presto. La carte à puce Presto a été lancée en 2013... avec environ un an de retard. En fin d'année, plus de 190 000 cartes avaient trouvé preneur. Il ne s'agissait point de la fin du parcours difficile et complexe de la carte Presto. Des 140 000 cartes utilisées couramment, seulement 10 000 usagers se sont prévalus de l'option de recharger leur portefeuille électronique ou de renouveler leur laissez-passer sur le Web. Un délai d'activation de 24 à 48 heures a rapidement refroidi les ardeurs des détenteurs de la carte Presto. Pour corriger le tir, l'agence provinciale Metrolinx, compagnie-mère de Presto, doit lancer en début d'année la version 2.2 de son système de paiement électronique. Plusieurs élus d'Ottawa attendent toutefois des résultats avant de s'enthousiasmer. Les échecs du passé sont encore frais en mémoire.
<p>Le projet de train léger d'Ottawa.</p>
UN CHIFFRE: 975
La Ville d'Ottawa a entamé la construction de son train léger cette année, en creusant le tunnel de 1,2 kilomètre de sa Ligne de la Confédération au centre-ville. Les gouvernements fédéral et provincial ont chacun consenti 600 millions $ pour la première phase du projet de 2,1 milliards afin d'aménager 12,5 kilomètres de rails entre le pré Tunney et le chemin Blair. En fin d'année, le conseil municipal a donné unanimement son aval pour la deuxième phase du projet afin d'ajouter 35 kilomètres de rails et 19 arrêts à son réseau de train léger dès 2018. Cette deuxième étape nécessite un investissement total de près de 3 milliards $. La Ville d'Ottawa cherche à partager la facture équitablement à trois. Elle espère confirmer un financement de 975 millions $, tant de la province que du fédéral, en 2014. Si le gouvernement d'Ontario semble prêt à sauter à pieds joints dans le projet, le fédéral lui se montre plus prudent. Le porte-parole du gouvernement conservateur dans ce dossier, le député d'Ottawa-Orléans Royal Galipeau, a rappelé que le fédéral «n'est pas le père Noël». M. Galipeau dit croire dans le projet et que son gouvernement investira sûrement pour la deuxième phase. Toutefois, la Ville n'aura peut-être pas les centaines de millions de dollars qu'elle demande, avertit-il.
<p>Le maire d'Ottawa Jim Watson.</p>
UNE RÉSOLUTION: une place pour le français
La voix des francophones s'est effritée à l'hôtel de ville. Le Groupe de réflexion francophone, un comité qu'avait promis le maire Jim Watson en campagne électorale, a été aboli cette année à Ottawa. Le «conseil de sages» ne s'est rencontré qu'en une seule occasion depuis le scrutin de 2010. Composé de membres éminents de la francophonie d'Ottawa, mais aussi de représentants d'organisations provinciales, le groupe devait offrir à M. Watson «un contexte plus informel pour aller chercher le pouls de la communauté francophone». Le premier magistrat estime que le Comité consultatif sur les services en français (CCSF) et le caucus des élus francophones suffisaient. Or, le caucus francophone est peu actif depuis trois ans et le mandat du CCSF a été revu en profondeur ces derniers mois, limitant la portée de son action. En fin d'année, l'Association des communautés francophones d'Ottawa (ACFO) a réussi à confirmer quatre rencontres annuelles avec le maire d'Ottawa pour discuter des enjeux touchant directement la population franco-ottavienne. Néanmoins, le maire Watson refuse toujours de faire d'Ottawa une ville officiellement bilingue, lui préférant la notion de bilinguisme pratique qui anime l'administration municipale.