Le rapport Gréber sur l'aménagement d'Ottawa mènera notamment à la création d'un plan d'urbanisme à long terme de la ville de Hull.

16 - Le plan Gréber dévoilé aux Communes

Le samedi 30 avril 1949, à la Chambre des communes, tous les yeux sont tournés vers le premier ministre Louis Saint-Laurent qui tient dans ses mains les plans d'avenir de la capitale nationale. Ce jour-là, LeDroit titre en une: Capitale nationale de demain, M. L. St-Laurent dépose le plan Gréber aux Communes.
Ce rapport est l'aboutissement de trois années d'études consacrées à l'aménagement de la capitale nationale par l'éminent urbaniste français Jacques Gréber et un personnel composé d'urbanistes, d'architectes et d'ingénieurs canadiens, lit-on dans le texte.
Le plan prévoit l'établissement dans un rayon de cinq milles des édifices du Parlement, d'une population maximum d'environ un demi-million, sans surpeuplement ni encombrement. Une ceinture verte, zone d'agriculture ou d'espaces libres entoure les limites prévues de la surface qui sera éventuellement bâtie. Il est à prévoir qu'avant la fin du siècle, la population d'Ottawa et de Hull et de leur banlieue, qui se chiffre maintenant à 250 000, s'élèvera à près de 400 000 habitants, lit-on dans LeDroit de l'époque.
Visiblement, on n'avait pas imaginé à l'époque que la population de la région de la capitale nationale dépasserait le million en 2013! «On conseille d'aménager de nouvelles routes, en particulier des voies de plaisance, afin de rendre la région plus accessible et d'établir un règlement de zonage afin de protéger les beautés naturelles de la région et d'empêcher une exploitation commerciale peu souhaitable. On agrandira le parc Gatineau de la Commission du district fédéral, qui comprend présentement 24000 acres de terrain. Reconnu depuis longtemps comme le lieu de plaisance d'été et d'hiver de la capitale, le parc compte parmi ceux qui attirent les plus grandes foules au pays», précise LeDroit.
L'article précise que la réalisation du plan d'aménagement de la capitale exige la collaboration étroite des villes d'Ottawa, de Hull et des 28 autres villes, villages et municipalités rurales de l'Ontario et du Québec.
«Par contraste avec le rapport Holt de 1915, cet autre grand plan d'aménagement de la capitale qui ne fut jamais réalisé, le nouveau Plan directeur ne tend pas à empiéter sur les droits municipaux et provinciaux», nuance-t-on dans l'article.
Hull n'est pas en reste. En page5, LeDroit titre: «Le plan Gréber modifiera l'aspect de Hull.» Le plan Gréber cite sept mesures de grands intérêts pour la ville de Hull: l'imprimerie nationale sera située sur le boulevard Sacré-Coeur; les chutes de la Chaudière retrouveront leur majesté première telle que décrite par Samuel de Champlain; dans cinquante ans, Hull aura une population de 80000 âmes; le nouveau pont qui reliera la capitale à Hull partira d'un point plus bas que la pointe Nepean et aboutira à peu près à la rue St-Laurent; l'emplacement des voies ferrées à Hull servira de route qui traversera la ville en guise de boulevard; il ne s'agit pas de constituer un district fédéral administratif, chaque municipalité conservera son autonomie; on projette un développement gigantesque du parc de la Gatineau.
Plus de 60 ans plus tard, on peut dire que plusieurs des objectifs du plan Gréber ont été atteints.
Détenteur d'une maîtrise en histoire de l'Université d'Ottawa, Hugues Théorêt a collaboré à plusieurs publications. Il signe régulièrement des textes dans la revue historique régionale Hier encore où il agit à titre de rédacteur en chef