Devontay Hackett, 18 ans, a été arrêté par le Service de police de Toronto.

« Mon fils peut enfin reposer en paix »

Danny Volpi a eu la chair de poule lorsque le nom de Devontay Hackett a résonné dans le combiné du téléphone.
Un enquêteur de la police d'Ottawa lui annonçait que le meurtrier présumé de son fils Brandon avait été arrêté à Toronto, après un mois de cavale.
Les questions se sont immédiatement bousculées dans sa tête. «Comment? Où? Pourquoi?» Le policier, n'a eu que très peu de réponses à lui fournir.
«Le téléphone a sonné et mon afficheur indiquait un numéro inconnu, et là, à cet instant, j'ai eu comme un pressentiment», confie-t-il.
Lorsqu'il a raccroché, ses premières pensées sont allées à sa mère, la grand-mère de Brandon. Après la mort de son mari, cette dernière a voué sa vie à son petit-fils. «Lorsque mon père est décédé, Brandon est devenu le centre de sa vie. Elle m'a beaucoup aidé à l'élever. Elle s'ennuie énormément de lui», dit-il.
La famille Volpi pousse maintenant un soupir de soulagement. Sans nouvelle du présumé meurtrier pendant un mois, les dernières semaines ont été «frustrantes», avoue M. Volpi.
«C'est un soulagement. Je ne pourrais jamais revoir mon fils. Mais il peut enfin reposer en paix avec mon père», dit-il. «Je dois rester fort et regarder en avant.»
Devontay Hackett était recherché depuis le 10 juin dernier par les enquêteurs du Service de police d'Ottawa (SPO), pour être accusé de meurtre au deuxième degré. Le jeune homme âgé de 18 ans comparaîtra par vidéoconférence, samedi matin, au palais de justice d'Ottawa.
Danny Volpi y sera. Il veut voir le visage du jeune homme qui est accusé d'avoir tué son fil. Il veut comprendre comment une bagarre entre deux jeunes adultes peut avoir des conséquences aussi dramatiques.
«Je veux savoir, pourquoi... comment... pourquoi aller jusqu'à tuer quelqu'un?, lance-t-il, ébranlé. Des bagarres à mains nues, ça arrive et ce n'est pas un problème. Mais qu'est-ce qui donne le droit de tuer quelqu'un?»
«Mon fils avait un brillant avenir devant lui. Les gens devraient réfléchir avant d'agir.»
Brandon Volpi, un étudiant à la St. Patrick's High School, a été assassiné le soir de son bal des finissants, dans la nuit du 6 au 7 juin dernier. Il aurait eu la gorge tranchée devant l'hôtel Les Suites, suivant une violente altercation. Selon plusieurs témoins de la scène, le défunt a confronté un groupe de jeunes hommes qui s'en étaient pris à l'un de ses amis.
M. Volpi dit avoir eu de la difficulté à dormir dans les dernières semaines. Il chérit de précieux souvenir de son fils.
Des étudiants d'au moins trois écoles secondaires d'Ottawa avaient réservé des chambres dans l'hôtel de la rue Besserer. Ils s'y étaient rassemblés après leur après-bal, qui se déroulait à Camp Fortune.
Dans les heures qui ont suivi la mort de Brandon Volpi, une pluie de messages de réconfort a inondé les médias sociaux.
Le jeune homme a été décrit comme un garçon aimable et bienfaisant. Un ami proche avait également souligné que le jeune homme avait récemment repris sa vie en main. Il aurait abandonné de «mauvaises habitudes» et comptait poursuivre des études collégiales.
Avec Julien Paquette