Affaires

Des piles ion-lithium ont causé un incendie de soute dans un avion de WestJet

Un incendie de soute qui avait forcé, en juin dernier, un avion de WestJet à retourner à l'aéroport de Calgary peu après son décollage, a été causé par des piles ion-lithium pour cigarettes électroniques qu'un passager avait mises dans ses bagages enregistrés, a indiqué vendredi le Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Dans son rapport, le BSTC a précisé qu'un sac à dos avait pris feu et avait causé des dommages thermiques mineurs à la doublure ignifuge de la soute, près du bagage en cause.

Une enquête n'a pas permis de déterminer si le dommage s'était produit avant l'arrivée des piles à l'aéroport ou pendant la manutention des bagages.

Le voyageur non identifié, un habitué des déplacements en avions par affaires, était au courant de la politique du transporteur aérien exigeant que les cigarettes électroniques et les piles ion-lithium ne soient transportées qu'en cabine et retirées des appareils. Il avait cependant laissé, par inadvertance, deux piles de rechange dans son bagage enregistré.

La prolifération des appareils électroniques personnels utilisant ces piles a entraîné une augmentation du nombre d'événements liés à la fumée, au feu, à la chaleur extrême ou aux explosions, en raison des températures élevées qu'elles génèrent. La Federal Aviation Administration des États-Unis a enregistré 206 incidents mettant en cause des piles ion-lithium entre 1991 et mai 2018.

Le rapport du BSTC indique que les passagers, les transporteurs aériens et les agents de contrôle de sécurité ont la responsabilité partagée de veiller à ce que le contenu des bagages soit conforme aux règles relatives aux objets interdits.

Affaires

Baisses de taxes? Pas besoin d’en faire profiter vos locataires, dit la CORPIQ

MONTRÉAL - Les propriétaires qui ont bénéficié d’une baisse de taxes scolaires l’an dernier devraient la garder plutôt que d’en faire profiter leurs locataires, estime la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

Surtout si leurs loyers à ajuster sont inférieurs à la moyenne, ajoute la Corporation.

Alors que la Régie du logement du Québec a dévoilé vendredi les pourcentages applicables pour le calcul des augmentations de loyer, la CORPIQ contre-attaque.

Selon elle, la décision du gouvernement du Québec en 2018 d’abaisser les taux de taxe scolaire régionaux «reste une mince compensation financière face aux centaines de millions de dollars perdus ces dernières années par les propriétaires en raison de critères de fixation de loyers absurdes».

Comme alternative, la CORPIQ suggère de modérer l’ajustement de loyer en 2019 pour les locataires qui paient un juste prix, mais de ne pas accorder cet avantage à ceux dont le loyer est anormalement bas pour la valeur du logement. Cela conduirait à une répartition plus équitable des dépenses communes de l’immeuble entre les locataires, précise-t-elle dans un communiqué.

La Régie a fourni, comme à chaque année, des estimations moyennes d’augmentations: pour un logement non chauffé (0,5 pour cent), pour un logement chauffé à l’électricité (0,4 pour cent), chauffé au gaz (0,4 pour cent) et au mazout (2,6 pour cent). Pour un loyer de 800 $, la Régie calcule qu’il s’agit là d’une augmentation mensuelle respective de 4 $, 3 $ et 21 $. Il s’agit de calculs faits sans inclure les hausses de taxes municipales ni des travaux majeurs effectués par les propriétaires, qui font l’objet d’autres équations. La Régie fournit de plus un outil de calcul sur son site internet.

Ces pourcentages d’augmentation sont trop bas, déplore la Corporation, et cette année, ils sont même en deçà de l’inflation.

«Les trop faibles taux de critères de fixation de loyer expliquent en partie: le déficit d’entretien du parc de logements du Québec, la conversion massive en copropriétés, de même que le déficit de 37 pour cent, soit 450 $, avec les loyers observés en moyenne dans les neuf autres provinces canadiennes», a déclaré le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette.

La CORPIQ juge d’ailleurs «ridicule» l’ajustement de loyer qui sera consenti en 2019 à un propriétaire ayant réalisé des travaux majeurs de réparation ou d’amélioration d’un logement. Elle suggère donc, aux propriétaires pouvant se le permettre, de rénover puis de laisser le logement vacant durant un an. «Il sera ainsi à l’abri du contrôle de loyer», est-il précisé.

La CORPIQ est un organisme à but non lucratif réunissant 25 000 propriétaires et gestionnaires qui possèdent près de 500 000 logements locatifs au Québec.

À la défense des locataires

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dénonce ces positions de la CORPIQ.

Dans un contexte où la rareté des logements s’accélère rapidement, l’organisme juge que ces appels sont dangereux.

«Une véritable crise du logement abordable sévit actuellement dans plusieurs régions du Québec. Sans l’instauration d’un contrôle obligatoire des loyers, la situation sera de plus en plus dramatique, notamment pour les 457 375 ménages locataires du Québec qui accordent déjà plus de 30 pour cent de leur revenu pour se loger», s’insurge Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ, dans un communiqué.

Quant au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), il rappelle aux locataires qu’il leur est possible de refuser la hausse de loyer et toute autre demande de modification au bail - sans devoir automatiquement quitter leur appartement.

Les deux organismes invitent les locataires à bien s’informer de leurs droits avant de prendre des décisions.

Affaires

L’inflation a accéléré en décembre

L’inflation annuelle canadienne a enregistré une accélération inattendue le mois dernier pour s’établir à 2,0 %, l’augmentation des prix des tarifs aériens et des légumes frais ayant contrebalancé la baisse des prix de l’essence, a indiqué vendredi Statistique Canada.

D’une année à l’autre, les prix ont accéléré en décembre, après que l’inflation se soit établie à 1,7 % en novembre, a précisé l’agence dans son plus récent rapport sur l’indice des prix à la consommation. Les économistes s’attendaient à une inflation de 1,7 % en décembre, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Même si l’inflation d’ensemble a progressé à un rythme plus rapide le mois dernier, la moyenne des trois indicateurs d’inflation de base est restée stable à 1,9 %, ce qui est près de la cible idéale de 2,0 % de la Banque du Canada.

Des experts ont estimé que les chiffres de vendredi sur l’inflation de base signifiaient qu’il n’y avait aucune urgence pour la banque centrale de relever son taux d’intérêt directeur — du moins pas sur la seule base de l’inflation.

« Ils verront qu’il n’y a pas d’accélération de l’inflation (de base), alors ils pourront patienter dans les mois à venir », a fait valoir l’économiste en chef adjoint de la Banque Nationale, Matthieu Arseneau, à propos du conseil de direction de la banque centrale.

« Pour la Banque du Canada, l’accent a été légèrement déplacé [pour se] concentrer davantage sur la croissance au cours des prochains mois, alors je pense que, pour le moment, le rapport (sur l’inflation) est moins important. »

L’inflation de base, qui exclut les composants plus volatils tels que l’essence, est la mesure privilégiée par la Banque du Canada pour la guider dans ses décisions sur le taux directeur. La banque centrale peut notamment augmenter son taux afin d’empêcher l’inflation de grimper trop haut.

« Malgré la surprise à la hausse liée à l’inflation d’ensemble, les mesures de base ont poursuivi leur allure lente et régulière de 2018 », a écrit vendredi l’économiste principal de la Banque TD, Brian DePratto, dans une note de recherche.

« Ce sont peut-être des indicateurs quelque peu rétrospectifs, mais le message reste clair : il y a peu de signes de pression inflationniste fondamentale pour le moment. »

Hausse des prix dans sept provinces

Un examen plus approfondi des chiffres montre que les prix de l’essence, en baisse de 8,6 pour cent le mois dernier, ont empêché l’inflation totale d’être encore plus élevée. En excluant les prix de l’essence, l’inflation était de 2,5 pour cent en décembre.

Par rapport à l’année précédente, Statistique Canada a souligné que les Canadiens payaient 14,9 pour cent de plus pour les légumes frais et 28,1 pour cent de plus le mois dernier pour le transport aérien — principalement en raison de la hausse des prix des voyages pendant les vacances.

M. DePratto a noté que les observateurs devraient rester prudents lors des comparaisons d’une année sur l’autre des tarifs aériens, puisque Statistique Canada a introduit un changement de méthodologie pour cette catégorie au début de 2018.

L’inflation était également en hausse le mois dernier en raison d’une augmentation de 7,5 pour cent du coût des intérêts hypothécaires, d’une augmentation de 3,8 pour cent des factures de restaurant et d’une augmentation de 5,1 pour cent des primes d’assurance pour véhicules automobiles.

Parmi les principales forces à la baisse des prix, les consommateurs ont payé 5,6 pour cent de moins pour les hôtels, 4,1 pour cent de moins pour le gaz naturel et 5,7 pour cent de moins pour les appareils et équipements informatiques numériques.

Sur une base annuelle, les prix ont augmenté le mois dernier à une cadence plus rapide dans sept provinces, par rapport au mois de novembre, selon les chiffres de Statistique Canada. Seuls Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont vu leurs prix augmenter plus lentement.

Au Québec, les prix à la consommation ont augmenté de 1,1 pour cent d’une année à l’autre, a indiqué l’agence fédérale, après avoir progressé de 0,9 pour cent en novembre. « Parmi les provinces, les prix des légumes frais (+20,7 pour cent) ont augmenté le plus au Québec », a-t-elle précisé.

Dans l’ensemble, la plus forte inflation de décembre pourrait surprendre la Banque du Canada, qui a indiqué la semaine dernière s’attendre à ce que la mesure continue de ralentir pour rester en dessous de la barre de 2,0 pour cent tout au long de 2019, principalement en raison de la baisse des prix de l’essence.

La banque avait toutefois noté que l’affaiblissement du dollar canadien pourrait exercer certaines pressions à la hausse sur l’inflation. La Banque du Canada a pour objectif de maintenir l’inflation le plus près possible du centre de la fourchette comprise entre 1,0 pour cent et 3,0 pour cent.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a maintenu le taux directeur de la banque inchangé à 1,75 pour cent la semaine dernière, alors que l’économie évoluait dans ce qu’il a décrit comme une période temporaire de ralentissement créée par la récente chute prononcée du prix du pétrole.

M. Poloz a répété que plus d’augmentations de taux seraient encore nécessaires « avec le temps ». Un total de cinq hausses du taux directeur ont eu lieu depuis l’été 2017, en réponse à la reprise de l’économie.

Politique

Rareté de main-d'oeuvre: opération «sans précédent» au ministère du Travail

MONTRÉAL — C'est tout un changement de culture qui se concrétisera, à compter de lundi, au ministère du Travail du Québec. Rareté de main-d'oeuvre oblige, 200 conseillers du ministère s'attaqueront à résoudre les problèmes de recrutement des entreprises. Et ils appelleront ces entreprises une à une, s'il le faut, pour donner un service personnalisé.

«Il y a un changement de paradigme. Avant, on était habitué de recevoir des gens qui cherchaient des emplois. Maintenant, on va aller au-devant des entreprises qui sont en quête, à la recherche de salariés», a résumé jeudi le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, au cours d'une conférence pour présenter son plan.

Le ministre parle d'une «opération sans précédent», une «grande corvée» pour changer les façons de faire au ministère, à cause de la rareté de main-d'oeuvre dans certains secteurs.

Au ministère même, la réorientation touchera 200 conseillers, qui seront épaulés par 70 techniciens, qui seront au service des employeurs à la recherche de préposés aux bénéficiaires, de manoeuvres, de cuisiniers, d'employés dans les abattoirs et autres.

En plus du ministère, la «grande corvée» touchera aussi l'accompagnement des travailleurs, l'intégration des personnes handicapées, autochtones, immigrantes, l'offre de programmes de formation adaptés, a promis le ministre Boulet.

Et elle inclura aussi des aspects comme l'automatisation de certaines tâches, la robotisation. Et le ministre n'a pas exclu que des crédits d'impôt soient mis à cette disposition, si besoin est.

Employeurs

Le plan d'action contre la rareté de main-d'oeuvre a été plutôt bien reçu.

«Ce qu'on va offrir aux PME, c'est de l'accompagnement et, souvent, c'est ce qui fait cruellement défaut» parce qu'elles n'ont pas de département de ressources humaines, a illustré Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Mais il faudra plus que du moyen et du long termes. «Il n'y a pas de remède miracle à la pénurie de main-d'oeuvre. Il faut miser sur le court terme aussi. Il faut absolument faire entrer davantage de travailleurs étrangers temporaires pour permettre aux entreprises de combler leurs besoins actuels, en attendant qu'elles puissent trouver des solutions de moyen et de long termes», a ajouté Mme Hébert.

Yves-Thomas Dorval, du Conseil du patronat du Québec, abonde dans le même sens. «C'est un pas dans l'action et c'est très bien. On a beau à avoir un coffre à outils, avec des programmes, mais si on ne réussit pas à accompagner les employeurs dans leurs besoins on va rester sous l'angle des papiers et pas de l'action.»

Il concède qu'il faudra aussi avoir de bonnes conditions de travail pour retenir les employés.

Travailleurs

Le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Luc Vachon, indique qu'il faudra notamment développer «la culture de la formation continue» au Québec pour que les travailleurs puissent suivre l'évolution de la technologie.

Il admet que la robotisation et l'automatisation entraîneront des pertes d'emplois dans certains secteurs. Avec les changements technologiques, «inévitablement il va y avoir des postes à abolir».

«Notre chance dans la malchance, c'est que le contexte démographique fait que ça devrait minimiser les impacts des pertes d'emplois, mais ça va transformer les emplois. Notre défi, après, c'est comment on va prendre la main-d'oeuvre et la rendre apte à occuper les emplois de demain», a illustré M. Vachon.