Les États-Unis proposent maintenant que les constructeurs automobiles puissent obtenir des crédits, pour les aider à atteindre le seuil de 75 pour cent, lorsqu’ils adoptent certains comportements, comme le versement de salaires plus élevés, ce qui devrait profiter à la production hors du Mexique.

Washington réduit ses exigences sur l’ALÉNA

WASHINGTON — Faisant volte-face dans au moins deux dossiers, l’administration du président Donald Trump semble vouloir se convertir aux vertus des ententes commerciales internationales.

Non seulement les États-Unis ont réduit une autre de leurs principales exigences dans les négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), cette fois en abaissant de 10 points de pourcentage la proportion de pièces nord-américaines que devront contenir les véhicules automobiles afin de pouvoir éviter un tarif, mais ils ont aussi exprimé un intérêt pour rejoindre l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), auquel M. Trump avait pourtant tourné le dos dès son arrivée à la Maison-Blanche.

Ces plus récents développements laissent entendre que le président américain compte abandonner ses postures de matamore qui avaient créé de fortes tensions avec le Canada, le Mexique, l’Union européenne, le Japon et les fermiers américains.

La volte-face qui touche le plus le Canada est cette nouvelle proposition en vertu de laquelleles véhicules automobiles devront être composés à 75 pour cent de pièces nord-américaines, plutôt qu’à 85 pour cent tel qu’exigé précédemment.

Washington avait déjà accepté d’abandonner sa demande voulant que tous les véhicules comportent au moins 50 pour cent de pièces américaines.

Les États-Unis proposent maintenant que les constructeurs automobiles puissent obtenir des crédits, pour les aider à atteindre le seuil de 75 pour cent, lorsqu’ils adoptent certains comportements, comme le versement de salaires plus élevés, ce qui devrait profiter à la production hors du Mexique.

«Nous nous approchons d’une entente (sur l’ALÉNA), a déclaré Donald Trump. On peut y arriver dans deux semaines, dans trois mois, dans cinq mois. Je m’en fiche. Je n’ai pas d’échéancier. Je n’arrête pas de lire dans les «médias de fausses nouvelles» que nous voulons régler cela rapidement. Nous ne le voulons pas. Il n’y a pas d’échéancier.»

Les plans en vue d’une éventuelle annonce sur l’ALÉNA cette semaine, dans le cadre du Sommet des Amériques au Pérou, ont été abandonnés. M. Trump a d’abord annulé sa participation au sommet, puis son responsable du commerce, Robert Lighthizer, a lui aussi indiqué qu’il ne s’y présenterait pas.

Partenariat transpacifique

Le président Trump, féroce opposant au PTPGP à son arrivée à la Maison-Blanche, semble avoir changé son fusil d’épaule dans ce dossier, alors que son pays s’est lancé dans un début de guerre commerciale avec la Chine.

M. Trump l’a fait savoir lors d’une rencontre avec des sénateurs provenant d’États agricoles. Plusieurs élus ont confirmé que le président leur avait dit qu’il avait ordonné à ses conseillers d’explorer l’idée de signer le PTPGP. Le sénateur Ben Sasse, du Dakota du Sud, a dit que M. Trump l’avait même évoqué à plusieurs reprises.

M. Sasse a applaudi l’idée, affirmant qu’en rejoignant le Partnariat transpacifique, les États-Unis seront en meilleure posture pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales de la Chine, le vol de propriété intellectuelle ou la surproduction d’acier.

«La meilleure chose que les États-Unis peuvent faire pour répondre au mauvais comportement chinois est de guider les onze autres pays du Pacifique qui croient au libre-échange et à la primauté du droit», a déclaré le sénateur républicain.