Le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping en novembre 2017. Après presque de deux ans de guerre commerciale féroce, les deux pays ont annoncé un accord préliminaire qui devrait être signé en début d’année.

Washington et Pékin: une trêve bienvenue

WASHINGTON — Les États-Unis et la Chine ont annoncé vendredi un accord préliminaire, qui marque une trêve après près de deux ans de guerre commerciale féroce à coups de droits de douane punitifs fragilisant l’économie mondiale.

«C’est un accord fantastique pour tout le monde. Merci!» s’est réjoui dans un tweet Donald Trump qui avait promis à ses électeurs en 2016 qu’il s’attaquerait au problème des pratiques commerciales «déloyales» de Pékin.

Plus tôt, le vice-ministre du Commerce, Wang Shouwen, avait évoqué depuis Pékin des réductions progressives des droits de douane américains. Les deux pays sont convenus de réaliser au plus vite l’examen juridique et la traduction de l’accord avant de procéder à sa signature finale, avait-il précisé, sans toutefois avancer de date.

Un responsable de l’administration Trump a indiqué, sous couvert d’anonymat, que la signature pourrait intervenir «la première semaine de janvier».

De son côté, le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a souligné que la signature pourrait intervenir au niveau des ministres et non pas des présidents.

Annonce la plus concrète à court terme : Donald Trump renonce à imposer, dimanche comme initialement prévu, une nouvelle salve de tarifs douaniers sur quelque 160 milliards $ de biens chinois.

Le représentant américain au Commerce (USTR) a lui précisé que les droits de douane additionnels de 25 % portant sur l’équivalent de 250 milliards $ de marchandises chinoises restaient en place.

En revanche, les droits de douane de 15 % sur 120 autres milliards de biens chinois, en vigueur depuis le 1er septembre, seront réduits de moitié (7,5 %).

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Rééquilibrage

«Un accord sans précédent», a commenté Robert Lighthizer, l’USTR qui l’a âprement négocié.

Cet accord est aussi une bonne nouvelle pour Donald Trump lui-même alors qu’au même moment vendredi, la Chambre des représentants à majorité démocrate franchissait une étape décisive vers le renvoi probable du président en procès pour destitution.

S’il a évoqué «des changements structurels significatifs et pleinement exécutoires» de la part de Pékin, l’exécutif américain est resté avare en détails concrets. Le texte «commence à rééquilibrer les relations commerciales sino-américaines», a-t-il ajouté.

En 2018, le déficit américain avec la Chine pour les seuls biens était de 419,5 milliards $. Sous l’effet des droits de douane, il a fortement diminué en 2019 : -14,7 % entre janvier et octobre, selon les données du département du Commerce américain.

Achats agricoles

Les deux parties ont indiqué que l’accord incluait la propriété intellectuelle, les transferts forcés de technologies, les produits alimentaires et agricoles, les services financiers, le taux de change, le renforcement des échanges commerciaux ou encore la façon dont seront résolus les litiges futurs.

Ce sont les mêmes domaines que ceux envisagés en octobre lorsque Donald Trump avait déjà annoncé un accord, qui n’avait jamais été véritablement approuvé par les autorités chinoises.

«L’accord établit un solide système de règlement des différends qui garantit une mise en œuvre et une application rapides et efficaces», a en outre souligné vendredi le représentant américain au commerce (USTR).

Depuis le début des discussions, Washington exige un mécanisme pour pouvoir s’assurer que la Chine respecte bien un éventuel accord.

L’USTR estime que ce traité va se traduire «par des réformes structurelles et des changements du régime économique et commercial de la Chine».

L’accord comprend également un engagement de la Chine à faire «des achats supplémentaires substantiels» de biens et services américains au cours des prochaines années, a affirmé USTR sans avancer de données chiffrées.

Lors de l’annonce du 11 octobre, Donald Trump avait dit que la Chine s’engageait à acheter des biens agricoles pour 40 à 50 milliards $ par an.

«Je pense qu’ils vont atteindre 50 milliards $», a déclaré vendredi l’hôte de la Maison-Blanche. Un tel montant n’a pas été confirmé par les autorités chinoises. Ce serait environ deux fois plus élevé que le pic des achats de la Chine, en 2012.

Les agriculteurs, qui ont subi les représailles de la Chine, ont salué l’annonce alors que la Chine est passée du deuxième marché pour les produits américains au cinquième depuis le début de la guerre commerciale.

L’administration Trump a, elle, évoqué des achats supplémentaires «d’au moins 200 milliards $ au cours des deux prochaines années» pour les secteurs manufacturier, agricole, de l’énergie et des services.

Pour le vice-ministre du Commerce, Wang Shouwen, la conclusion de l’accord va profiter aux économies des deux pays et «stabilisera la confiance des marchés et créera un environnement propice [...] aux investissements».

Depuis des mois, les économistes s’inquiètent de la guerre commerciale démarrée en mars 2018, qui compromet la croissance mondiale.