Selon Shawn Zigelstein, l’adoption de la technologie dans l’immobilier a connu une croissance exponentielle au cours des dernières années et cette tendance devrait croître encore avec la venue des milléniaux sur le marché.

Virage technologique dans l’immobilier

TORONTO — L’agent immobilier Shawn Zigelstein se souvient d’une époque, il y a quelques années à peine, où une imprimante, un scanneur et un télécopieur constituaient les outils les plus importants de son métier.

Maintenant, ces gadgets sont presque obsolètes.

« Pour être honnête avec vous, je ne sais même pas la dernière fois que j’ai envoyé une télécopie », rigole M. Zigelstein, représentant des ventes chez un courtier Royal LePage à Richmond Hill, en Ontario.

« Oh, les dilemmes que nous avions auparavant étaient incroyables. Nos clients peuvent maintenant ouvrir leur téléphone, appuyer sur quelques boutons et les papiers (de l’offre) sont signés », a-t-il souligné.

Selon M. Zigelstein, l’adoption de la technologie dans l’immobilier a connu une croissance exponentielle au cours des dernières années et cette tendance devrait croître encore étant donné que de plus en plus d’options deviennent disponibles et que les agents immobiliers se bousculent pour attirer la clientèle des millénaux.

« Les agents qui ne s’adaptent pas à ce changement vont voir leurs affaires chuter considérablement parce qu’ils ne peuvent pas s’adapter assez vite », a-t-il déclaré.

Que ce soit des applications pour téléphones intelligents telles que Loom, qui permet aux agents immobiliers de partager à distance des diaporamas avec les clients, ou les signatures numériques vérifiées avec des téléphones et des tablettes, la technologie crée une nouvelle façon pour les agents immobiliers de faire des affaires.

Selon Frank Magliocco, partenaire de PwC Canada et spécialiste du marché de l’habitation, le secteur immobilier a toujours été à la traîne en matière de technologie.

« Il sera de plus en plus important de rester concurrentiel sur le marché. Une fois que ces technologies auront fait leurs preuves, leur adoption sera de plus en plus répandue », a-t-il dit croire.

Selon PwC, les technologies immobilières — ou « proptech » — représentaient en 2016 une industrie de 4,6 milliards $ US au Canada et aux États-Unis. Ce chiffre a grimpé à 7,3 milliards $ US l’année dernière, signe que l’intérêt et les occasions du secteur ont également augmenté.

Selon M. Magliocco, la « proptech », qu’il voit comme la cousine de la « fintech » du secteur bancaire, peut faire référence à bien des éléments, allant des sites web d’annonces en ligne aux bâtiments intelligents qui utilisent les données massives pour automatiser le chauffage et l’éclairage, en passant par les maisons imprimées en 3D.

« Pensez au secteur bancaire il y a des années, avant la “fintech”... Aujourd’hui, vous déposez un chèque et transférez de l’argent et vous pouvez tout faire sur votre téléphone », a-t-il souligné.

« Auparavant, toutes les transactions immobilières étaient lourdes de papier, beaucoup d’avocats étaient impliqués et des arpenteurs vérifiaient l’espace et mesuraient l’espace. Ce n’est plus nécessaire », a fait valoir M. Magliocco.

Stephen Jagger, cofondateur d’IMRE, une société qui gère un assistant personnel d’intelligence artificielle pour les agents immobiliers, souligne que la technologie est tellement intégrée dans la vie quotidienne que les clients s’attendent à pouvoir l’utiliser dans leurs transactions immobilières.

M. Jagger a dit croire que ce type de technologie ne remplace pas un agent immobilier, mais améliore leur travail.

« (Les agents immobiliers savent) que vous devez être réactif au bout de cinq minutes ou vous perdez l’avantage », a déclaré M. Jagger, dont la société est installée à Vancouver.

« Cela permet aux agents immobiliers de se concentrer sur les tâches de haut niveau, telles que faire visiter une maison, au lieu de répondre à des questions courantes tout le temps. »