Noriske est la première entreprise au Québec à recevoir la certification ISO 11611 pour la confection de vêtements de protection pour les soudeurs. Ces vêtements offrent une protection contre les brûlures et les coupures.
Noriske est la première entreprise au Québec à recevoir la certification ISO 11611 pour la confection de vêtements de protection pour les soudeurs. Ces vêtements offrent une protection contre les brûlures et les coupures.

Vêtements de protection pour soudeurs: la première certification à Noriske

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
L’entreprise Noriske de Chicoutimi est la première au Québec à obtenir une nouvelle certification pour la production de vêtements protégeant les soudeurs des brûlures et des coupures.

Noriske a reçu récemment son certificat d’autorisation pour la nouvelle norme ISO 11 611 au Québec. Une dizaine de vêtements pour soudeurs, comprenant des cagoules, chemises, pantalons, sarraus, salopettes et couvre-touts – mieux connus sous le nom de « chiennes » – sont produits par l’entreprise saguenéenne.

Un tissu intégrant de la céramique à sa fibre est utilisé pour la confection des nouveaux vêtements de protection pour soudeurs confectionnés par l’entreprise saguenéenne Noriske.

Cette norme a été mise en place au Québec dans la foulée d’accidents de travail au cours desquels des soudeurs ont subi des coupures ou encore des brûlures. Certains sont même morts après l’embrasement de leurs vêtements, a expliqué Jean Rousseau, directeur principal du Bureau de normalisation du Québec (BNQ).

L’organisme public a élaboré un protocole de certification dans la province pour cette norme de l’International Organization for Standardization (ISO), après des démarches entreprises par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Un tissu intégrant de la céramique à sa fibre est utilisé pour la confection des nouveaux vêtements de protection pour soudeurs confectionnés par l’entreprise saguenéenne Noriske.

Aucun vêtement précis n’était auparavant certifié pour les soudeurs, a indiqué Sébastien Leclerc, directeur des ventes et marketing chez Noriske. « Pour les vêtements de soudeurs, il n’y avait pas de normes à proprement parler. Donc, généralement, c’était à leur discrétion. Ils pouvaient mettre des jeans, pouvaient mettre [des vêtements de travail] Big Bill réguliers », a-t-il rapporté.

Une soixantaine d’employés confectionnent les vêtements spécialisés produits par Noriske. L’entreprise est située dans le secteur de Rivière-du-Moulin, à Chicoutimi.

L’entreprise de production d’équipements et de vêtements de travail spécialisés s’est lancée dans la confection de vêtements pour soudeurs et dans les démarches de certification après que la nouvelle norme ait été présentée en 2019.

Un tissu intégrant de la céramique à sa fibre est utilisé pour la confection de ces nouveaux vêtements de protection. Le matériau offre ainsi une résistance aux coupures et aux brûlures.

Le tissu spécialisé est acheté auprès d’un fournisseur avant de passer sous les machines à coudre des employés de Noriske. Ils sont une soixantaine à oeuvrer pour l’entreprise manufacturière située sur le boulevard du Saguenay, dans le secteur de Rivière-du-Moulin.

Sébastien Leclerc, directeur des ventes et marketing pour Noriske, montre ici les nouveaux vêtements de protection pour soudeurs fabriqués par l’entreprise.

Marché de 25 000 travailleurs

Le Québec compte environ 25 000 soudeurs, a souligné Sébastien Leclerc, ce qui permettra à l’entreprise de Chicoutimi de distribuer ces nouveaux vêtements à travers la province.

« J’ai commencé à contacter les différentes usines au Québec qui engagent des soudeurs, a-t-il mentionné. Tous ne sont pas au courant déjà qu’il y a une norme, car la CNESST n’a pas encore débuté sa campagne. »

Une soixantaine d’employés confectionnent les vêtements spécialisés produits par Noriske. L’entreprise est située dans le secteur de Rivière-du-Moulin, à Chicoutimi.

L’importance du milieu industriel au Saguenay–Lac-Saint-Jean rend également le marché régional intéressant pour l’entreprise, qui possède déjà plusieurs clients dans la région.

Équiper un soudeur avec ces nouveaux vêtements de protection coûte environ 200 $. Plus chers que des vêtements de travail réguliers, ils sont cependant plus durables. « Le vêtement devrait durer en moyenne huit à onze fois plus longtemps qu’un vêtement régulier », a précisé le directeur des ventes et marketing.

Sébastien Leclerc, directeur des ventes et marketing pour Noriske, montre ici les nouveaux vêtements de protection pour soudeurs fabriqués par l’entreprise.

Seule norme reconnue

Noriske a été la première entreprise à obtenir la certification ISO 11 611 au Québec, a-t-on confirmé, du côté du BNQ. D’autres entreprises sont en attente pour l’obtenir.

« Éventuellement, la CNESST va inciter les entreprises. Elle va faire beaucoup d’information auprès des entreprises qui font de la soudure, pour que les vêtements soient certifiés à cette norme-là », a précisé Jean Rousseau, directeur principal du BNQ.

Une soixantaine d’employés confectionnent les vêtements spécialisés produits par Noriske. L’entreprise est située dans le secteur de Rivière-du-Moulin, à Chicoutimi.

Du côté de la CNESST, on indique que la norme ISO 11 611 est présentement la « seule norme qui donne des exigences permettant de protéger le travailleur adéquatement des risques présents lors du soudage ».

L’organisme rappelle que le port d’un équipement de protection approprié est obligatoire pour les travailleurs exposés à du métal en fusion.

Une soixantaine d’employés confectionnent les vêtements spécialisés produits par Noriske. L’entreprise est située dans le secteur de Rivière-du-Moulin, à Chicoutimi.

+

COVID-19: PLUS DE 200 000 MASQUES ET VÊTEMENTS DE PROTECTION FABRIQUÉS

Noriske a distribué plus de 200 000 masques en tissu, jaquettes d’hôpital et vêtements de chirurgie, au printemps, pour répondre aux besoins causés par la pandémie de COVID-19 à travers la province.

« On a été débordés de travail dans les derniers mois », a laissé tomber Sébastien Leclerc, directeur des ventes et marketing pour l’entreprise de Chicoutimi. 

Noriske a pu poursuivre ses activités pendant la période de confinement, étant reconnue comme service essentiel en raison des vêtements spécialisés que fabrique l’entreprise pour le milieu industriel.

Constatant, comme plusieurs entreprises, le besoin criant d’équipements de protection dans le milieu médical, l’entreprise a réorienté sa production, le temps de la crise. Quelque 100 000 jaquettes d’hôpital, près de 100 000 masques en tissu et plusieurs dizaines de milliers de vêtements de chirurgie ont ainsi été fabriqués du début de la crise jusqu’à la fin juin, a indiqué M. Leclerc.

« Les employés étaient super contents. Ils avaient le sentiment du devoir accompli, de pouvoir travailler sur ce projet-là », a-t-il souligné. 

L’entreprise a aussi pu compter sur le soutien de ses sous-traitants pendant cette période pour orchestrer cette production. 

L’entreprise manufacturière, qui produit des vêtements de travail spécialisés, a été fondée en 1982. Noriske, connue auparavant sous le nom d’Équipements Saguenay, compte Rio Tinto et Hydro-Québec parmi ses clients, notamment.