Le verre antibactérien enduit d’un revêtement de dioxyde de titanium est une technologie qui est notamment intéressante pour le transport en commun.
Le verre antibactérien enduit d’un revêtement de dioxyde de titanium est une technologie qui est notamment intéressante pour le transport en commun.

Verre antibactérien: une barrière contre la COVID-19

Dans le contexte actuel de pandémie, Prelco commercialise un produit qui gagne en popularité, principalement auprès des hôpitaux et des entreprises de transport en commun: le verre antibactérien. Selon l’entreprise de Rivière-du-Loup, ce verre limite la propagation des bactéries et des virus, incluant ceux de la famille des coronavirus.

De l’avis de Prelco, il peut aussi réduire la transmission de plusieurs maladies telles des rhumes, des grippes, la gastroentérite et d’autres. «C’est un verre sur lequel il y a un revêtement qui tue les bactéries ou les virus à la surface», décrit le vice-président à l’innovation, à la recherche et au développement de Prelco, Richard Langlais. «Il en existe trois. Nous, on en a deux qu’on commercialise.» Ces deux types de vitrages font partie de la gamme Prel-SaniPure. Ils utilisent la méthode de désinfection thermique ou celle de désinfection photocatalytique.

Verre chauffant

La méthode de désinfection thermique consiste en un verre chauffant qui offre une désinfection en continu grâce à la diffusion de chaleur qui permet de maintenir la surface du vitrage au niveau de température requis pour inactiver les virus courants. La surface chauffante est située à l’intérieur du vitrage. «Lorsqu’on chauffe le verre et qu’on amène la température du vitrage à 56 degrés Celsius, un virus comme [celui de] la COVID va mourir dans environ une vingtaine de minutes», explique Richard Langlais, qui est également copropriétaire de l’entreprise. «Si la température est aux alentours de 70 degrés, le virus meurt en moins de cinq minutes. C’est une technologie intéressante, surtout dans les transports ou dans les hôpitaux. […] Étant donné que, ces temps-ci, la COVID est un sujet d’actualité, on a décidé d’étendre le marché de ce verre antiviral.»

Son cycle de chauffage peut être opéré manuellement ou automatiquement. Ce verre s’adapte à la plupart des systèmes d’encadrements. Comparativement aux polymères transparents, sa surface est durable et résistante aux égratignures. Si, de l’avis du porte-parole de Prelco, cette technologie a fait ses preuves, elle présente cependant un inconvénient par sa caractéristique chauffante qui est désagréable en été.

Désinfection photocatalytique

La méthode de désinfection photocatalytique est une deuxième technologie mise de l’avant par Prelco et qui, selon son vice-président, est intéressante pour le transport en commun et les commerces. Le verre antibactérien est enduit d’un revêtement de dioxyde de titanium. Il s’agit d’un verre autonettoyant qui offre une désinfection en continu. Par un processus d’oxydation photocatalytique, les virus et les bactéries qui entrent en contact avec l’enduit sont dégradés par l’exposition aux rayons ultraviolets.

«La couche de dioxyde de titanium, un semi-conducteur, est appliquée sur le verre à l’intérieur d’un bâtiment ou encore d’un autobus scolaire ou urbain, décrit M. Langlais. Sous l’effet des ultraviolets, la couche de dioxyde de titanium devient très excitée et, pour se stabiliser, elle va interagir avec les vapeurs d’eau qu’il y a dans l’atmosphère et va générer des dioxydes qui, eux, vont venir détruire ou modifier l’ARN ou l’ADN d’un virus ou d’une bactérie. Donc, dès qu’il y a des ultraviolets, la couche s’excite automatiquement et fait le travail de désinfection. […] C’est un revêtement qui est toujours actif, même quand il n’y a pas d’ultraviolets. Pendant la journée, la couche demeure active pendant au moins deux heures, tant et aussi longtemps que les matières organiques ne sont pas venues en contact avec elle.» La surface entière du verre se trouve désinfectée, même les petites zones difficiles à atteindre par nettoyage manuel.

Ce verre est durable et résistant aux égratignures. Il convient à tout type de vitrages, qu’il soit avec ou sans encadrement. En plus des hôpitaux et des autobus, ce type de verre peut être appliqué dans les navettes d’hôtels et d’aéroports, dans les trains, dans les stations de transport en commun, dans le métro et dans les navires de croisière.

Intérêt grandissant

Bien que l’intérêt pour ces deux types de produits soit grand, leurs ventes n’ont pas explosé depuis le début de la pandémie. «D’une façon générale, l’économie est un peu à plat, fournit M. Langlais comme explication. Les chantiers sont retardés. Tout est un petit peu chamboulé par cette pandémie. Mais c’est certain que des produits comme ça suscitent l’intérêt, surtout dans les transports en commun.»

Le hic, selon M. Langlais, c’est son coût plus élevé. De plus, comme la situation commandait une installation urgente, la solution la plus rapide était d’utiliser de l’acrylique, qui est en vente un peu partout. «Mais ce sont des éléments de protection faciles qui ne tuent pas les bactéries, nuance-t-il. Ça se trouve à être une barrière qui empêche les bactéries ou les virus de passer, tandis que les verres antibactériens sont des barrières actives qui vont tuer les virus.»

Prelco, dont le siège social est à Rivière-du-Loup, compte 200 employés à son usine principale située au même endroit. L’entreprise possède aussi des usines à Montréal et à Edmundston au Nouveau-Brunswick. Elle a aussi d’autres petites usines à Princeville, dans la région des Bois-Francs, et à Belleville, en Ontario.