Le nom de l’éventuel repreneur des usines de fabrication de composantes mises en vente par Bombardier à Belfast ainsi qu’à Casablanca pourrait être connu d’ici trois semaines, estiment les autorités marocaines.

Usines mises en vente par Bombardier: un acheteur dans 3 semaines, dit le Maroc

MONTRÉAL - Le nom de l’éventuel repreneur des usines de fabrication de composantes mises en vente par Bombardier à Belfast ainsi qu’à Casablanca pourrait être connu d’ici trois semaines, estiment les autorités marocaines.

C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, alors qu’il faisait le point sur la décision de la multinationale québécoise, qui suscite des inquiétudes chez les travailleurs en Irlande du Nord ainsi qu’au Maroc.

«Dans trois semaines au plus tard, nous saurons quelle est l’entreprise qui sera retenue», a-t-il lancé, dans le cadre d’une conférence de presse qui s’est déroulée lundi après-midi à Casablanca.

M. Elalamy, qui dit avoir rencontré des représentants du constructeur d’avions et de trains il y a environ deux semaines, a affirmé que le processus de cession annoncé la semaine dernière par Bombardier regroupait «les deux» sites.

Quelque 3600 personnes oeuvrent à Belfast, où l’on fabrique notamment les ailes de l’A220 d’Airbus - l’ancienne C Series - alors que le site de Casablanca, inauguré en 2015, compte quelque 300 employés.

Jeudi, en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, avait estimé, dans le cadre d’un point de presse, qu’il pourrait s’écouler quelques mois avant l’annonce d’une transaction.

Par courriel, mardi, un porte-parole de la société, Olivier Marcil, n’a pas voulu commenter l’échéancier avancé par le ministre marocain de l’Industrie, affirmant que la compagnie allait «prendre le temps nécessaire pour mener à bien ce processus et réaliser la pleine valeur de ces activités».

«Nous n’allons pas spéculer publiquement sur l’intérêt et la nature des offres d’acheteurs potentiels», a-t-il écrit.

À l’instar de certains observateurs et analystes, M. Elalamy a évoqué les noms d’Airbus, l’américaine Spirit AeroSystems et du conglomérat britannique GKN, dont une division se spécialise dans l’aérospatiale, comme acquéreurs potentiels.

«Celui qui va acheter les deux usines (deviendra sous-traitant de Bombardier)», a expliqué le politicien, qui voulait apaiser les craintes en affirmant que les emplois seraient préservés et que le Maroc ne «perd rien» dans la foulée de l’annonce effectuée la semaine dernière par Bombardier.

Les sites de Belfast et du Maroc représentent environ la moitié de la division aérostructures et services d’ingénierie, qui avait été récemment créée par Bombardier et qui a généré un bénéfice d’exploitation ajusté de 239 millions US en 2018. Le reste des activités seront consolidées dans l’usine située dans l’arrondissement montréalais de Saint-Laurent, au Texas, où sont fabriquées les ailes de l’avion d’affaires Global 7500, ainsi qu’au Mexique.

Une transaction devrait permettre à la société d’obtenir de 400 millions $ US à 700 millions $ US, selon les estimations avancées par certains analystes.

Au Royaume-Uni, des syndicats, dont Unite, le plus important au pays et qui représente également les travailleurs de Bombardier à Belfast, ont suggéré, au cours des derniers jours, que le gouvernement britannique examine la nationalisation des sites situés en Irlande du Nord.

Selon eux, une telle initiative permettrait d’assurer le maintien des emplois alors que l’entreprise québécoise souhaite se départir de ses installations à cet endroit.

Par ailleurs, Bombardier a également annoncé mardi la vente de cinq avions d’affaires Learjet 75 à un client dont l’identité n’a pas été révélée. Selon les prix catalogues, la valeur de cette transaction est de 69 millions $ US. Ce jet d’affaires peut transporter jusqu’à neuf passagers.