Le syndicat Unifor regroupe quelque 1500 membres en Outaouais et dans les Laurentides qui sont directement affectés par la fermeture de Fortress Global et par la crise forestière qui sévit depuis l’automne dernier.
Le syndicat Unifor regroupe quelque 1500 membres en Outaouais et dans les Laurentides qui sont directement affectés par la fermeture de Fortress Global et par la crise forestière qui sévit depuis l’automne dernier.

Unifor: la priorité est de trouver un opérateur

Le directeur québécois du syndicat Unifor, Renaud Gagné, qui était de passage à Gatineau, mercredi, dans le cadre de sa tournée annuelle des sections locales de l’organisation, soutient que la priorité présentement en Outaouais, c’est le redémarrage dès que possible de l’usine de Thurso et la recherche de solutions pour assurer la pérennité de l’industrie forestière régionale.

« Il faut se rappeler que quand Fortress a lancé son projet en 2010, la pâte cellulosique se vendait 1800 $ la tonne. C’était presque le Klondike. Avec la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, ça coûte aujourd’hui 100 $ de plus la tonne à produire que le prix de vente. On parle d’investisseurs locaux, on peut réfléchir à certains noms, mais nous, notre priorité, c’est de trouver un opérateur, peu importe le produit qu’on va faire. S’il y a changement de créneau, on doit trouver une niche qui sera stable et pas quelque chose de bric-à-brac », a-t-il déclaré en entrevue avec Le Droit, en réaction aux trois projets de relance actuellement évalués par Québec.

Le plus grand syndicat du secteur privé dans la province et au pays regroupe quelque 1500 membres en Outaouais et dans les Laurentides qui sont directement affectés par la fermeture de Fortress Global et par la crise forestière qui sévit depuis l’automne dernier.

C’est de loin le sujet le plus chaud au sein de la branche outaouaise d’Unifor, insiste M. Gagné. Ce sont 14 entreprises qui ressentent les contrecoups de l’arrêt de l’usine de Thurso où à peine une poignée des quelque 320 employés syndiqués de l’usine de Thurso travaillent encore pour maintenir le système de cogénération actif.

« Au lieu d’avoir 25 employés syndiqués qui travaillent, on en a 9 et le reste, ce sont des cadres. Notre monde est en colère de cette décision opérationnelle de l’entreprise », note au passage M. Gagné.

Les travailleurs sont inquiets, souligne le directeur du syndicat, qui fonde beaucoup d’espoir dans la cellule d’intervention qui travaille depuis décembre sur des solutions pour garantir la survie de l’industrie dans la région et qui doit soumettre ses premières recommandations le mois prochain.

« Les industriels regardent très fort pour trouver des pistes à court et moyen terme. On veut avoir une solution pour la nouvelle saison forestière qui commencera au début avril », dit-il. M. Gagné estime que l’exemple de la relance de l’usine de pâte Kraft de Lebel-sur-Quévillon permet de garder espoir pour Thurso et l’Outaouais. L’usine située dans la région du Nord-du-Québec, qui était auparavant propriété de Domtar, devrait recommencer à fumer en 2020.

« On doit trouver un investisseur et la main-d’œuvre (pour Thurso). L’important, c’est que l’usine ne soit pas rasée à terre. Je suis confiant qu’on va arriver à une solution », affirme M. Gagné.