Lors d’une conférence de presse à Montréal, lundi, le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé (sur la photo avec le premier ministre François Legault), a décrit cette prime comme «le compromis correct» qui avait été trouvé, avec l’équipe de négociation.
Lors d’une conférence de presse à Montréal, lundi, le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé (sur la photo avec le premier ministre François Legault), a décrit cette prime comme «le compromis correct» qui avait été trouvé, avec l’équipe de négociation.

Une prime de 5 $ par quart pour les préposés aux bénéficiaires qui forment les stagiaires

MONTRÉAL — Les préposés aux bénéficiaires d’expérience qui contribueront à former les stagiaires qui poursuivent leur formation de préposé en CHSLD toucheront une prime de 5 $ par quart de travail.

C’est ce montant forfaitaire de 5 $ par quart de travail que prévoit l’arrêté ministériel qui a été présenté, dimanche, aux syndicats qui représentent les préposés aux bénéficiaires.

On y précise aussi que le montant forfaitaire est versé au salarié «uniquement pour la durée de leur formation pratique et peu importe le nombre de candidats qui l’accompagnent».

L’arrêté précise d’ailleurs que ces accompagnateurs peuvent être non seulement des préposés aux bénéficiaires, mais aussi des infirmières ou des infirmières auxiliaires.

Un «compromis correct»

Lors d’une conférence de presse à Montréal, lundi, le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a décrit cette prime comme «le compromis correct» qui avait été trouvé, avec l’équipe de négociation.

«C’est une prime qui nous a été demandée pour tenir compte de l’importance d’avoir une formation sur place», a rapporté le ministre Dubé.

En entrevue lundi, le président de la Fédération de la santé et des services sociaux, Jeff Begley, a relaté qu’un représentant du ministère de la Santé et des Services sociaux a bien indiqué que les travailleurs d’expérience ne seront pas libérés de leurs tâches; ils devront accomplir leurs tâches et aussi «accompagner» les préposés en formation.

«Ça va être un problème de trouver des préposés ou des infirmières dans les conditions actuelles», a opiné M. Begley. Il rapporte que les préposés en poste sont déjà «surchargés» de travail avec leurs propres tâches à accomplir auprès des aînés.

Mais, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, c’est essentiellement de l’observation du travail sur le terrain que feront ces stagiaires.

M. Begley doute que cela se limite à de l’observation, puisque les stagiaires ne sont en formation que depuis la mi-juin. «Il y a une partie fondamentale de la formation de préposé : comment déplacer un bénéficiaire de façon sécuritaire. Si ces personnes-là n’ont pas appris encore ce bout-là des cours...» s’inquiète le syndicaliste.

À ses yeux, «ce n’est pas vrai qu’ils vont juste observer» et le préposé d’expérience devra donc faire une partie de la formation, pour une prime de 5 $ par quart de travail.

Désigné par l’employeur

M. Begley se demande aussi si les autorités ne feront appel qu’à des employés volontaires pour assurer cet accompagnement des stagiaires ou si les employeurs pourront l’imposer.

En fait, l’arrêté ministériel mentionne qu’un «montant forfaitaire de 5 $ par quart de travail, lequel peut être divisé en demi-quart de travail, est versé à la personne salariée qui est désignée par son supérieur immédiat pour être accompagnée par les candidats inscrits à la formation».

La FSSS, affiliée à la CSN, revendiquait plutôt une prime de 5 % pour cet accompagnement des stagiaires. «On était prêt à discuter sur cette base», souligne M. Begley.

Reste que le ministre Dubé l’a réitéré: «toutes ces primes-là sont temporaires et on aimerait mieux avoir une entente globale» sur la rémunération avec les syndicats.