Un ralentissement dans les embauches à la fonction publique fédérale projeté pour la fin de la présente année contribue à ce que la croissance soit plus modérée en 2018.

Une croissance économique plus modeste dans la région

La croissance économique s’abaissera d’un cran pour se chiffrer à 2,1 % en 2018 dans la région d’Ottawa-Gatineau, prédit le plus récent rapport du Conference Board du Canada.

Cette croissance, plus modérée que l’an dernier alors que les festivités du 150e anniversaire de la Confédération et l’expansion robuste de l’administration publique ont stimulé l’économie, se compare à plusieurs autres grandes villes telles que Montréal (2,1 %), Edmonton (2,2 %), Québec (2,3 %) et Toronto (2,4 %). À l’échelle du pays, c’est à Vancouver qu’on devrait enregistrer la plus forte croissance parmi les régions métropolitaines de recensement avec 2,7 %. 

« La croissance du très important secteur de l’administration publique à Ottawa-Gatineau devrait ralentir, mais le dynamisme des secteurs de la construction non résidentielle et de la haute technologie permettront à la région d’enregistrer un gain tout de même respectable », souligne Alan Arcand, directeur associé du Centre des études municipales. 

En 2017, le PIB réel s’était accru de 2,7 % dans la région. La ville qui avait présenté le bilan le plus reluisant est Calgary avec une hausse de 6,9 %. 

L’économiste Henry Diaz souligne qu’en plus des célébrations qui sont derrière nous, c’est un certain ralentissement dans les embauches à la fonction publique fédérale projeté pour la fin de la présente année qui contribue à ce que la croissance soit plus modérée en 2018. 

Le spécialiste affirme que le marché de l’habitation demeurera assez vigoureux dans la région, étant beaucoup moins touché par le repli observé dans certaines grandes villes du pays comme Toronto. Le tout s’explique par le prix des maisons qui se maintient à un niveau plus bas. 

Le seul point négatif à entrevoir au cours de l’année est la hausse prévue du taux d’intérêt par la Banque du Canada, estime M. Diaz.

« Étant donné que les ménages sont assez endettés, on peut s’attendre à ce que certains secteurs de l’industrie, comme le commerce de détail, la restauration et les services, connaissent un ralentissement. Mais ce ne sera rien de dramatique », soutient-il. 

Le Conference Board s’attend ce que la croissance de l’emploi s’établisse à 1,5 % en 2018 à Ottawa-Gatineau.

Après une année faste lors de laquelle les touristes sont débarqués dans la région par dizaines de milliers, le secteur du tourisme fera face à un ralentissement cette année, prédit l’organisation. 

D’un autre côté, le Conference Board s’attend à ce que le secteur de la construction maintienne la région dans le peloton de tête avec les nombreux projets d’infrastructures en cours ou sur la table à dessin, tels que la possibilité d’un nouveau centre d’accueil des visiteurs souterrain sur la colline du Parlement, le chantier de l’étape 2 du train léger à Ottawa, le nouvel amphithéâtre des Olympiques de Gatineau, une nouvelle bibliothèque centrale au centre-ville d’Ottawa et le réaménagement des plaines LeBreton. 

Le domaine de la haute technologie contribuera également à l’économie de la capitale nationale, prévoit l’organisation, qui précise que celui-ci « continue de se diversifier à l’extérieur des télécommunications. »