Au cours des dernières années, Couche-Tard a réalisé d’importantes acquisitions afin d’accroître sa présence en sol canadien, notamment par l’entremise de transactions réalisées avec Esso et dans le cadre de l’acquisition de l’américaine CST Brands, qui exploitait des sites sous l’enseigne Ultramar au Canada.

Une cible potentielle dans l’Ouest canadien pour Alimentation Couche-Tard

MONTRÉAL — Une éventuelle sortie de la vente au détail de carburant envisagée par Husky Energy pourrait amener Alimentation Couche-Tard à étendre son empreinte dans l’Ouest canadien, estiment deux analystes financiers.

Cette entreprise établie à Calgary procède à un examen stratégique qui pourrait se traduire par la vente de ses activités liées à la vente au détail ainsi qu’une petite raffinerie de Prince George, en Colombie-Britannique.

Husky Energy exploite plus de 500 sites, dont de nombreuses stations-service ainsi que des centres de distribution en vrac en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick. Son programme de fidélisation «myHusky Rewards» compte environ 1,6 million de membres.

La société, qui vend du carburant aux consommateurs depuis 1938, veut se concentrer sur ses activités de production d’énergie dans le nord-est de l’Alberta, les provinces maritimes ainsi qu’en Asie-Pacifique. Husky a également lancé une offre d’achat hostile - qui expire la semaine prochaine - dans le but d’acquérir la pétrolière MEG Energy.

Selon Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, ainsi que Keith Howlett, de Desjardins Marchés des capitaux, le nom de Couche-Tard pourrait bien se retrouver sur la liste des acquéreurs potentiels pour certains actifs.

«Les sites appartenant à Husky dans l’Ouest peuvent représenter une avenue de croissance intéressante dans cette région», a estimé l’analyste du mouvement coopératif, mercredi, dans un rapport envoyé par courriel.

Selon M. Howlett, l’exploitant québécois de dépanneurs et de stations-service pourrait lorgner jusqu’à 402 sites, dont 306 se trouvent dans l’Ouest canadien - où la société compte environ 300 points de vente - et 96 autres en Ontario.

À l’échelle canadienne, la multinationale établie à Laval exploite un réseau de 2183 magasins.

«Une transaction potentielle concernant certains actifs de Husky cadrerait dans le plan quinquennal de Couche-Tard visant à doubler sa taille par l’entremise d’une combinaison d’acquisitions et de solides performances», a estimé Mme Nattel.

Mercredi après-midi, l’entreprise québécoise n’avait pas commenté les hypothèses avancées par les deux analystes.

Au cours des dernières années, Couche-Tard a réalisé d’importantes acquisitions afin d’accroître sa présence en sol canadien, notamment par l’entremise de transactions réalisées avec Esso et dans le cadre de l’acquisition de l’américaine CST Brands, qui exploitait des sites sous l’enseigne Ultramar au Canada.

Toutefois, Couche-Tard risque de ne pas être seule sur les rangs, croit M. Howlett, qui a évoqué Parkland, Brookfield, Shell Canada ainsi que d’autres joueurs régionaux comme acheteurs potentiellement intéressés.

De son côté, l’analyste de RBC Marchés des capitaux a estimé que la valeur du réseau entourant la vente de carburant pourrait osciller entre 650 et 750 millions $.

«Au bout du compte, l’évaluation dépendra de la qualité des actifs concernés et de la valeur des biens immobiliers sous-jacents et reflétera probablement une prime liée à la rareté des actifs de la Colombie-Britannique», a indiqué Mme Nattel.

En tenant compte de la raffinerie de Prince George, une transaction pourrait atteindre près de 835 millions $, a estimé l’analyste Jon Morrison, de CIBC Marchés mondiaux.