Telus a proposé une offre de départ volontaire à une cinquantaine de personnes. L’entreprise estime «que le nombre de personnes qui choisiront cette option sera considérablement plus faible».

Un syndicat dénonce des offres de départ de Telus

Une cinquantaine d’employés de Telus qui travaillent dans plusieurs régions du Québec ont reçu une offre de départ depuis quelques jours. L’un des syndicats qui les représentent, le SCFP, y voit une forme de «mises à pied déguisées» et s’en inquiète.

Et il se l’explique d’autant plus mal que l’entreprise de télécommunications va bien financièrement.

«C’est une réduction d’effectifs qui n’est pas nécessaire», s’est exclamé au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, Brian Leclerc, président de la section locale 5144 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affilié à la FTQ.

Telus a confirmé l’information, tout en disant s’attendre à ce qu’un nombre moindre de travailleurs se prévalent de l’offre. «Nous avons envoyé une offre de départ volontaire à moins de 50 membres de l’équipe, mais nous anticipons que le nombre de personnes qui choisiront cette option sera considérablement plus faible», a fait savoir la direction.

Les employés touchés travaillent à Montréal, Rimouski, Québec et en Beauce, a noté M. Leclerc.

Telus justifie son choix par le contexte économique. 

«L’industrie des télécommunications est en constante transformation. Se concentrer sur l’efficacité opérationnelle des secteurs de l’entreprise qui sont à maturité et investir dans les secteurs émergents font partie de notre stratégie d’entreprise pour assurer notre succès et la pérennité à long terme de notre organisation.»

Surcharge de travail

Mais M. Leclerc, du SCFP, déplore la situation. 

«L’employeur affirme que ce sont des offres de départ volontaire. Nous, ce qui nous préoccupe là-dedans, c’est qu’on n’en est pas à notre première vague» depuis 2015.

«C’est inquiétant parce que nos membres nous disent que ce n’est pas l’ouvrage qui manque» pour ceux qui sont encore au travail, a-t-il lancé. «Depuis 2015 qu’on subit des vagues d’offres de départ volontaire, c’est mauvais pour le climat de travail.» Et les travailleurs qui restent en poste sont surchargés de travail, soutient-il.

Dans le cas du SCFP - puisque d’autres syndicats représentent les employés de bureau et de métier et des centres d’appel - il s’agit de professionnels, donc d’emplois bien rémunérés, dans les domaines du génie, des ventes, du marketing, des finances et de la gestion de projet.

La direction de Telus, de son côté, assure que cela ne remet nullement en question son engagement envers le Québec. 

«Telus a investi des milliards de dollars dans la province depuis 2000, et nous remettons près de 5 millions de dollars chaque année aux organismes communautaires. À titre d’important employeur avec plus de 6000 membres de l’équipe dans la province, nous nous appuyons sur l’expertise de notre équipe québécoise pour propulser la croissance de Telus au niveau national.»