Consciente de certaines critiques suscitées par son projet de refonte des normes minimales du travail, la ministre Dominique Vien a estimé mercredi que son gouvernement devait être au bon endroit au bon moment, puisqu’il est critiqué à la fois par les syndicats et les employeurs.

Un projet de loi pour se «déconnecter»

Pour faire suite au projet de loi sur les normes du travail de la ministre Dominique Vien, Québec solidaire s’apprête à présenter une proposition législative accordant un «droit à la déconnexion».

Elle affirmera explicitement le droit de tous les Québécois à ne pas répondre à leurs appels, à leurs courriels ou à leurs textos en lien avec leur boulot après leurs heures de travail.

Certains estiment qu’une telle loi n’est pas nécessaire, car il n’y a pas véritablement d’obligation au sens strict du terme, sauf pour certains métiers, d’être en lien professionnel après les heures de travail.

D’autres pensent que l’éventuelle adoption d’une loi du genre participerait au maintien ou au retour d’un équilibre entre la vie privée et la vie au travail.

Québec solidaire croit que de telles dispositions auraient dû être incluses dans le projet de loi bonifiant les normes du travail.

Son propre projet de loi ne sera pas adopté, cela dit, mais il alimentera certainement un débat et des questionnements.

«Au bon endroit au bon moment»

Consciente de certaines critiques suscitées par son projet de refonte des normes minimales du travail, la ministre Dominique Vien a estimé mercredi que son gouvernement devait être au bon endroit au bon moment, puisqu’il est critiqué à la fois par les syndicats et les employeurs. «Les syndicats trouvent qu’on ne va pas assez loin», tandis que les «employeurs trouvent qu’on va trop loin», a-t-elle dit.

Après Québec solidaire, mardi, la Coalition avenir Québec a dénoncé le fait que les disparités de traitement existant actuellement en matière de régime de retraite et d’assurances collectives existeront encore après l’adoption du projet de Mme Vien. Il empêchera cependant que d’autres apparaissent à l’avenir.

Régime d’assurance parentale

Par ailleurs, le ministre François Blais s’apprête à présenter à l’Assemblée nationale un projet de loi afin de permettre aux nouveaux parents d’étaler sur une période de deux ans les congés parentaux auxquels ils ont droit. La proposition législative «assouplira», selon le terme employé au gouvernement, le Régime d’assurance parentale.

Ce changement avait été annoncé le mois dernier par le premier ministre Philippe Couillard et son ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Les parents devront toutefois s’entendre avec leur employeur pour entrecouper leurs congés parentaux sur deux ans.

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«PAS UNE RÉVOLUTION», DIT BLAIS

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, minimise la réforme des normes du travail proposée par sa collègue Dominique Vien.

Selon lui, ce n'est pas une révolution et beaucoup d'entreprises attribuent d'ores et déjà des conditions supérieures aux normes actuelles, donc une minorité de travailleurs bénéficieront de la réforme au bout du compte.

En point de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du caucus libéral, M. Blais a ainsi commenté le projet de loi déposé la veille par la ministre du Travail.

Le projet de loi 176 accorde notamment une troisième semaine de vacances au bout de trois ans, au lieu de cinq ans actuellement. Il prévoit aussi deux jours de congé payés sur les 10 jours de congé existants par année pour obligation familiale ou parentale.

Questionné sur les effets de cette réforme sur le marché de l'emploi, M. Blais dit constater sur le terrain que déjà beaucoup d'employeurs accordent une bonne partie de ces avantages à leurs employés.

«Ce n'est pas une révolution, a-t-il déclaré. Les employeurs, aujourd'hui, ont l'obligation de faire un effort supplémentaire pour leurs employés, donc, on est capable de se payer ces nouvelles normes.»

Le Québec était rendu là, selon lui. À ceux qui demandaient d'aller plus loin, il répond que le gouvernement a trouvé un équilibre.  La Presse canadienne