Karine Lamoureux et Jocelyn Deslandes (à droite) se sont offert l’expertise de l’oenologue réputé Jean-Paul Martin pour réaliser les premières cuvées du Coteau des Artisans.

Un premier vignoble québécois propose du vin en amphore

C’est presque sur un coup de tête que Karine Lamoureux et Jocelyn Deslandes ont décidé de se lancer dans la viticulture. Six ans et demi plus tard, le couple peut se vanter que son vignoble, le Coteau des Artisans, est le premier au Québec à vendre des vins élevés en amphore.

Campé sur un site enchanteur, bercé par la Rivière Noire qui suit doucement son lit un peu plus bas, le Coteau des Artisans est fier de ses 7000 vignes — 3000 autres seront plantés l’an prochain — qui arpentent un talus verdoyant embrassant un ciel bleu dépourvu de nuages lors de l’inauguration de l’endroit, lundi après-midi.

« C’était un vendredi soir. On allait vendre notre entreprise, et on se questionnait sur nos projets futurs, raconte Mme Lamoureux, designer. J’ai répondu à Jocelyn que je ne savais pas quoi faire, mais que je ne voulais pas quitter cet endroit où je me sentais si bien. Quand il m’a proposé d’y aménager un vignoble, j’ai dit : “Envoye donc !” ».

La belle aventure du Coteau des Artisans a donc débuté en novembre 2012. Six ans et demi plus tard, il sera enfin possible de goûter aux vins blanc, rosé et rouge élevés en cuve d’acier inoxydable, en fût de chêne ou en amphores de terre cuite ou de grès.

Avant de pouvoir procéder à ses premières vendanges, le couple avait fait appel à l’agronome Jean-François Péloquin pour vérifier si le sol de leur propriété était propice à la culture de la vigne. « Quand il a dit que c’était un très bon sol, tout est parti ! » se souvient Mme Lamoureux.

« En fait, il nous a dit que c’était un vrai projet de fou, mais qu’on serait capables de le faire ! » renchérit, à la blague, M. Deslandes, ébéniste de métier.

Neuf mois ont été nécessaires pour excaver le terrain qui était auparavant une forêt, couper les arbres, essoucher et planter les vignes.

Les arbres abattus pour laisser place au vignoble y connaissent toutefois une deuxième vie : ils ont été utilisés pour donner un cachet unique à la boutique, dessinée et conçue par les nouveaux vignerons, eux qui étaient propriétaires, de 1997 jusqu’en 2013, de l’ébénisterie la Vieille Forge, à Saint-Joachim-de-Shefford.

Retour à l’amphore

Le couple s’est par la suite offert l’expertise de l’œnologue réputé Jean-Paul Martin pour réaliser ses premières cuvées. « On lui a dit qu’on voulait faire les choses différemment, en sachant qu’on ne réinventerait pas la roue », explique Mme Lamoureux.

On s’est donc tourné vers l’élevage de vins en amphore, une pratique millénaire, prisée entre autres par les Romains, qui s’est effacée alors que la production de vin en grande quantité a pris de l’ampleur.

La production de vin en amphore, en grès ou en terre cuite, n’a donc rien de nouveau. « Disons que c’est un ancien retour, blague l’œnologue. Dans le vin, on n’invente plus rien, mais l’élevage en amphore est revenu entre autres avec la mode des vins nature et la culture biologique. Les gens ont redécouvert cet ustensile. »

Selon M. Martin, les vins produits en amphore sont plus doux et moins acides. Ils sont donc plus facilement accessibles pour ceux qui souhaitent découvrir les différents arômes du vin.

Des « vindredis » estivaux

Le vignoble sera ouvert au public pour la première fois ce samedi, dès 13 h 30. Dégustations et visites de groupe gratuites seront offertes jusqu’à 16 h. Puis, à 17 h, un camion de cuisine de rue de La Galoche Pub Bistronomie rassasiera les ventres vides et la chanteuse Izabelle offrira une prestation musicale.

Les propriétaires du Coteau des Artisans souhaitent d’ailleurs faire une tradition de l’alliance cuisine de rue et musique en invitant des restaurateurs et des interprètes d’ici chaque vendredi dans le cadre de ses Vindredi 5 à 9.

En rotation, sept camions de cuisine de rue et des chansonniers seront présents sur place pour animer les vendredis soirs sur le site enchanteur du vignoble, où seront aussi célébrés des mariages et tenus des événements privés et corporatifs.

« On a conçu le site en fonction du bonheur des visiteurs, allègue Mme Lamoureux. On veut que vous veniez ici et que vous soyiez heureux d’être là, que la beauté de l’endroit vous fasse oublier vos tracas. C’est là la plus grande différence entre acheter un vin à la SAQ et chez le vigneron ! »