Un lanceur d’alerte du ministère des Transports vient d’être débouté par le Tribunal administratif du travail.

Un lanceur d’alerte qui alléguait avoir été victime de représailles perd sa cause

MONTRÉAL — Un lanceur d’alerte du ministère des Transports, qui alléguait avoir été écarté du processus de qualification pour devenir surveillant du réseau routier parce qu’il est président du syndicat local, vient d’être débouté par le Tribunal administratif du travail... qui a conclu qu’il avait simplement oublié de cliquer sur le bouton «soumettre» après avoir rempli le formulaire.

Yvan Larochelle était perçu comme un lanceur d’alerte par son syndicat depuis qu’il avait dénoncé le recours à la sous-traitance au ministère des Transports dans une entrevue à la radio en Estrie, en mai 2017. Il avait été suspendu pendant 10 jours, mais avait contesté, puis gagné sa cause en janvier 2018, et même quand le MTQ avait interjeté appel, en juillet suivant.

Cette fois, M. Larochelle n’a pas gagné sa cause. Et le Tribunal a même pris la peine de dénoncer son attitude négative.

En décembre 2018, il a déposé une plainte au Tribunal, alléguant avoir été retiré du processus de recrutement et de qualification pour un emploi de surveillant du réseau routier par mesure de représailles, parce qu’il est président de la section locale 401 du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec.

Le ministère des Transports avait affirmé que son retrait résultait plutôt de sa propre négligence, parce qu’il n’avait pas complété le processus d’inscription électronique.

Et le Tribunal a donné raison au ministère.

«C’est parce qu’il n’a pas complété toutes les opérations requises, plus particulièrement celle de soumettre son dossier, que la candidature de M. Larochelle n’a pas été reçue. En bref, c’est en raison de sa propre incurie que sa candidature a été refusée et le ministère n’y est pour rien. Le ministère n’a donc pris aucune mesure à l’endroit de M. Larochelle», écrit la juge administrative Hélène Bédard.

Dans son jugement, elle prend la peine de relever l’attitude négative de M. Larochelle.

«Il faut souligner la mauvaise foi, l’arrogance et l’impolitesse dont a fait preuve M. Larochelle à toutes les étapes de son recours, et ce, tant à l’égard du personnel du ministère, des témoins et du Tribunal en conférence préparatoire ainsi qu’à l’audience. Il a modifié des citations à comparaître après qu’elles ont été émises par le Tribunal et a adopté un comportement irrespectueux et agressif, refusant d’accepter l’évidence qu’il n’a jamais soumis sa candidature au poste convoité. Il a exercé son recours d’une manière abusive alors qu’il n’avait aucune chance de succès», conclut-elle.