Le cofondateur du Festibière, Alex Van Dieren
Le cofondateur du Festibière, Alex Van Dieren

Un Festibière à la maison

La pandémie de la COVID-19 a eu l’effet d’une bombe dans le milieu des affaires. Pertes de revenus, de clients, d’employés, les entrepreneurs vivent la crise sur deux fronts, autant personnel que professionnel. Mis sur pause par la crise, le magazine Le Droit Affaires reprend du service dans les pages du Droit pour vous proposer une série d’articles dédiée à des entrepreneurs d’ici pour qui la crise n’a pas été un frein à l’innovation. Qu’ils soient reconnus dans leur domaine ou entrepreneurs en herbe.

La pandémie a réussi à mettre en boîte tous les grands rassemblements? Soit. Mais ce n’est pas une raison pour s’empêcher de fêter. Bien au contraire, le besoin de se réunir devient plus urgent encore.

C’est dans ce contexte que le Festibière de Gatineau, qui devait célébrer en grande pompe son dixième anniversaire cette année, décide de faire autrement afin de garder en vie l’événement.

«Les gens ont besoin de vivre quelque chose en groupe», raconte Alex Van Dieren, cofondateur du Festibière. «Ça va être notre édition 9 et demie».

Il y aura donc un Festibière, mais il sera virtuel. Le 13 juin prochain.

Les organisateurs ont décidé de mettre en vente un ensemble de six bières artisanales, de l’expédier à domicile et d’amener les gens à prendre une broue collectivement…mais à distance!

La semaine dernière, 1 500 de ces boîtes festives ont été mises en vente.

«On a vendu nos 1 500 boîtes en 24 h, s’exclame Alex Van Dieren, un peu surpris du succès. «Il va y avoir au moins 1 500 personnes qui vont faire la même chose, en même temps», rajoute-il.

Alex Van Dieren

Le Festibière en boîte contiendra uniquement des produits locaux. Car l’objectif est d’aider les compagnies locales à traverser la crise. Dans la boîte, les gens trouveront six bières artisanales de six brasseurs différents de la région, une barre de chocolat Rochef, un coupon-rabais des magasins IGA et des surprises, dans une boîte sur 10. Lorsque les acheteurs se joindront virtuellement à la fête, ils pourront discuter avec les brasseurs, des bièrologues, obtenir des recettes, assister à des prestations musicales et tout cela, en direct.

Chez le micro-brasseur gatinois À la dérive, le projet est arrivé comme une bénédiction. En 24h, la toute jeune entreprise a donc vendu 1 500 cannettes, c’est-à-dire une cannette par boîte. «C’est un concept idéal pour nous. Ça nous donne de la visibilité auprès d’une clientèle très nichée» raconte son copropriétaire, Stéphane Gandy.

La brasserie artisanale venait tout juste d’ouvrir son pub sur la rue Jacques-Cartier en décembre dernier. Trois mois plus tard, le coronavirus l’obligeait à bouchonner le commerce. La brasserie s’est tournée vers la production de cannettes pour survivre. «Sinon, on n’aurait pas passé au travers», constate monsieur Gandy.

La distribution des boîtes sera assumée par les épiceries IGA. Pour chaque boîte vendue, 2 $ seront remis à la Manne de l’Ile.


« Les gens ont besoin de vivre quelque chose en groupe. »
Alex Van Dieren

Avec la pandémie et le confinement, les compagnies doivent se réinventer pour survivre. Chez Orkestra, les idéateurs de cette fête virtuelle, on a dû mettre à pied le quart du personnel en raison de la crise. «On devrait organiser d’autres événements virtuels, mais il est trop tôt pour en parler», souligne Alex Van Dieren. «Il n’y a rien qui va remplacer le «vrai», le contact humain, dit-il. Plus philosophiquement, il reconnaît que ce n’est pas souhaitable de vivre une fête à travers un écran, mais que c’est une forme de résistance.

Le 13 juin, à 15h, les organisateurs invitent donc les gens à sortir sur leur balcon ou leur terrasse, en respectant le 2 mètres règlementaire, et à boire une bière avec des centaines d’autres confinés et profiter de tout premier Festibière virtuel.

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