Bruno Lachance et Marie-Claude Charron ont fondé l’entreprise Productions Scène Finale, qui offre un service de production photo et vidéo qui permet à une personne de laisser un message personnalisé à ses proches avant de mourir.

Un documentaire en héritage au décès

Pourquoi ne pas préparer à l’avance un message à laisser un héritage visuel à la famille, aux amis, aux petits-enfants qui ne nous connaissent pas?

C’est dans cet esprit de célébrer la vie en images et en vidéo dans un environnement personnel plus serein que Bruno Lachance et Marie-Claude Charron ont décidé de fonder l’entreprise Productions Scène Finale en janvier.

Le service pourrait être comparé aux arrangements préalables pour les funérailles. Ça ne fait mourir personne, mais ça libère la famille d’un stress à un moment où il faut vivre sa peine.

«Nous avons vu bien des gens peinés à la course à la dernière minute pour faire un montage d’image de la personne décédée, mais lorsque la personne elle-même raconte sa vie avec des sourires et des émotions, ça ne donne pas le même résultat. C’est personnalisé,» précise Bruno Lachance.

Lui et sa partenaire d’affaires Marie-Claude Charron viennent du monde de la radio tout en ayant une bonne expérience dans la photographie et la vidéo pour réaliser un documentaire sur la personne qui se prépare, à plus ou moins longue échéance, à quitter la vie.

Il n’y a rien de morbide dans le projet, insistent les deux fondateurs de la compagnie. «C’est une version positive du montage fait en vitesse. On prépare le message d’avance avec la personne dans une situation sans stress, ajoute Mme Charron. On parle de sa vie, on la voit sourire de sorte qu’elle peut laisse un beau leg à sa famille, à ses proches, aux gens qu’elle aime pour leur livrer un message.» Au fond, c’est un documentaire qui rappelle la vie de la personne et qui célèbre sa vie, qui laisse une trace animée pour les autres avec les mots mêmes de la personne.

«Nous avons fait l’expérience avec un ami atteint d’un cancer alors qu’il était encore assez en forme,» continue M. Lachance. «La vidéo et son message ont été diffusés pendant les funérailles. Ça met un baume sur la peine des gens» qui voient la personne livrer son dernier message.

Changer le «statisme» des cimetières

Parmi les éléments qui peuvent être utilisés pour le documentaire, M. Lachance parle des vidéos en VHS ou en format Beta qui peuvent être transposés en mode numérique, comme les images anciennes et les photos sur papier.

Outre le volet vidéo, il y a aussi une séance photo professionnelle d’eux-mêmes et de leur famille. Ou encore la production d’un album souvenir avec des photos et des citations de la personne décédée qui devient une forme de biographie.

«Nous avons pensé à une série de services pour la famille avec le documentaire, l’album, le code QR avec un lien public ou privé sur une plaque qui pourra être posée sur l’urne funéraire ou la pierre tombale de sorte qu’en scannant le code il sera possible d’accéder au documentaire et aux images», continue Mme Charron.

«C’est plus dynamique que le nom, la date de naissance et de décès sur la pierre tombale pour se souvenir de quelqu’un», ajoute M. Lachance. Ce serait une évolution dans la présentation statique des cimetières.

Ce nouveau service personnalisé a aussi un coût. Le tarif de base pour le documentaire et les images est de 2500 $. Selon les ajouts d’éléments, le nombre de documents à numériser et les transferts de format vidéo, les prix varieront. Les frais ne sont pas affichés sur le site Web scenefinale.com, mais présentés en privé lors des rencontres avec les clients.