Washington a commencé à enquêter sur l’industrie canadienne du papier journal après que North Pacific Paper, qui appartient au fonds de couverture new-yorkais One Rock Capital Partners, se soit plainte que le Canada subventionnait injustement son industrie au pays.

Ultime tentative pour le papier journal

Une coalition de politiciens démocrates et républicains a décidé d’y aller d’une ultime tentative pour convaincre la Commission du commerce international des États-Unis (USITC) de ne pas punir les producteurs canadiens de papier journal.

Ce tribunal américain doit se prononcer, mercredi à Washington, dans le cadre d’un important vote, sur les droits compensatoires et antidumping imposés aux exportations en provenance du Canada avant de rendre une décision finale le 17 septembre.

Par l’entremise d’une série de missives distinctes récemment transmises à l’USITC, des sénateurs et membres du Congrès, qui représentent des États comme New York, le Michigan et le Connecticut, ont prévenu que le maintien des sanctions risquait d’avoir davantage de conséquences négatives pour les travailleurs américains, plutôt que l’inverse.

«Nos lois commerciales ont pour but de protéger les travailleurs des pratiques commerciales déloyales, a écrit le sénateur de New York Charles E. Schumer. Toutefois, dans ce cas-ci, il est possible que les mesures ne profitent qu’à un seul producteur américain alors que de nombreux travailleurs seront lésés.»

Dans sa lettre, le sénateur a ajouté que les quelque 700 journaux quotidiens et hebdomadaires de l’État — qui emploient près de 17 000 personnes — sont incapables d’absorber ces augmentations provoquées par les tarifs.

Washington a commencé à enquêter sur l’industrie canadienne du papier journal après que North Pacific Paper (Norpac), une entreprise d’environ 260 travailleurs établie dans l’État de Washington et qui appartient au fonds de couverture new-yorkais One Rock Capital Partners, se fut plainte que le Canada subventionnait injustement son industrie au pays.

Bois d’œuvre

Il s’agit du même argument visant l’industrie canadienne du bois d’œuvre, qui a mené à l’imposition de droits compensateurs et antidumping sur la plupart des exportations canadiennes de bois de sciage à destination des États-Unis.

«Sans une mesure permanente [pour équilibrer le terrain de jeu], les producteurs canadiens vont de nouveau tirer les prix vers le bas, ce qui affectera l’industrie nationale et se traduira par des pertes d’emplois, des fermetures d’usines et des pertes financières», a avancé Norpac, dans son mémoire transmis à la USITC.

Plusieurs joueurs canadiens actuellement visés par les tarifs, comme Produits forestiers Résolu ainsi que Kruger, ont aussi livré un plaidoyer dans le but d’inciter la USITC à annuler les taxes frontalières.

Plus tôt ce mois-ci, le département du Commerce avait accordé un sursis à la plupart des producteurs canadiens en abaissant les droits compensatoires et antidumping définitifs. Toutefois, le taux définitif avait grimpé pour Résolu et Papiers White Birch.

D’après la News Media Alliance, qui représente 1100 journaux américains, plus de 175 000 Américains travaillent pour des journaux dans de petites municipalités ainsi que dans de grandes villes. En tenant compte du secteur de l’impression commerciale, c’est 600 000 emplois qui pourraient être affectés, estime l’association.

Selon Washington, le Canada a exporté pour l’équivalent de 1,21 milliard $US de papier de pâte mécanique non couché l’an dernier.