Marc-Alexis Côté, en compagnie d’un des personnages du jeu «Assassin’s Creed Odyssey»

Ubisoft Québec et Google associés pour les jeux vidéo en ligne [VIDÉO]

Deux géants dans leur domaine, Ubisoft et Google se sont associés pour tester la future plateforme de jeux vidéo en demande, «Google Stadia». Une union qui va certainement révolutionner la création des jeux, ainsi que la manière de jouer.

D’ici une dizaine d’années, tout se passera sur le nuage, les consoles de jeux traditionnelles n’existeront plus. Il suffira d’avoir une bonne connexion Internet pour jouer. En s’associant à Google, Ubisoft Québec a pu tester en exclusivité cette nouvelle technologie, ce qui va donner à l’entreprise une longueur d’avance sur ses concurrents. 

«Ces plateformes-là vont venir d’ici quelques années transformer la façon de créer des jeux. Les jeux ne seront plus limités par la puissance locale qui est disponible pour exécuter le jeu, mais ils se trouveront dans un centre de données. Ça va nous permettre de mieux intégrer les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle», explique Marc-Alexis Côté, producteur senior chez Ubisoft Québec. 

Avec Google Stadia, l’entreprise américaine veut prouver qu’il sera possible de jouer sur n’importe quel écran aux jeux vidéo les plus exigeants et les plus performants qui existeront sur le marché, y compris sur un téléphone cellulaire. 

«Pour l’instant, il n’est pas possible de jouer à Assassin’s Creed Odyssey sur un cellulaire. La batterie serait à plat en 15 minutes. Mais avec l’arrivée du 5G et le nuage, il n’y aura plus de limite», affirme M. Côté.

Ubisoft et les autres compagnies de jeux vidéo auront accès aux nombreuses intégrations développées par Google, ce qui permettra de créer des jeux et des univers de plus en plus puissants. «La réalité virtuelle va passer par le nuage. Nos casques de réalité virtuelle, on les veut avec de moins en moins de fils pour avoir une plus grande liberté de mouvement. Avec le streaming, on explose le nombre de possibilités», mentionne-t-il.

Moins cher

Actuellement, il faut débourser entre 400 et 700 $ pour une console de jeu et entre 1200 et 1500 $ pour un PC pour jouer à Assassin’s Creed Odyssey.

«La barrière est assez élevée. L’équipement coûte cher si on veut une bonne performance et une bonne expérience du jeu», fait valoir M. Côté. 


« Pour l’instant, il n’est pas possible de jouer à «Assassin’s Creed Odyssey» sur un cellulaire. La batterie serait à plat en 15 minutes. Mais avec l’arrivée du 5G et le nuage, il n’y aura plus de limite »
Marc-Alexis Côté, producteur senior chez Ubisoft Québec

Cette réduction des coûts aura peut-être pour conséquence de diminuer la qualité graphique des jeux. Mais selon le producteur d’Ubisoft Québec, le 4K promis par Google et une connexion minimale de 30 mégabits par seconde devraient atténuer quasiment la différence. 

«Il y aura des choix à faire. Pour jouer en 4K sur un PC, il faut acheter un ordinateur de 3000 $. On voit aussi que les gens utilisent de plus en plus Netflix au lieu de regarder des DVD. Est-ce que les gens feront la même chose avec les jeux vidéo? Je pense que oui. Les gens vont préférer l’instantanéité à la qualité», estime-t-il. «Ça va s’améliorer aussi au fur et à mesure que la connexion Internet des gens va augmenter», poursuit-il. 

Nuage veut dire pouvoir jouer partout, sur n’importe quel appareil. «Les joueurs qui sont habitués à jouer à la maison vont pouvoir continuer à jouer où qu’ils soient. Ça peut offrir d’autres façons d’offrir des jeux à notre clientèle», souligne M. Côté.

Ces nouvelles possibilités pourraient donner le vertige aux parents alors que les enfants passent déjà beaucoup de temps sur des écrans. Mais pour Marc-Alexis Côté, il ne faut pas s’inquiéter, puisque le contrôle parental existe aussi sur le nuage. «Les parents pourront mettre une limite et également recevoir des rapports sur la quantité de temps qui a été passé à jouer.»

La date de sortie officielle de la plateforme n’a pas encore été dévoilée, mais selon les premières informations, cela sera avant la fin 2019. Le prix n’est pas non plus connu, mais on peut penser qu’il s’agira d’un abonnement.