Uber s’attend à ce que son évaluation se situe entre 80,5 milliards $ US et 91,5 milliards $ US.

Uber prévoit mobiliser 9 G$ US lors de son entrée en Bourse

NEW YORK — Le géant technologique des services de transport Uber souhaite mobiliser 9 milliards $ US avec son gigantesque premier appel public à l’épargne (PAPE) qui, bien que moins important que prévu initialement, surpasse toujours la plupart des entrées en Bourse.

La société établie à San Francisco s’attend à ce que son évaluation se situe entre 80,5 milliards $ US et 91,5 milliards $ US, ce qui est inférieur à son estimation précédente de 120 milliards $ US, signe que les investisseurs pourraient adopter une approche plus prudente à la lumière de la performance boursière de sa rivale Lyft.

Malgré tout, Uber est en voie de connaître l’une des plus importantes introductions en Bourse de l’histoire. L’entreprise prévoit de vendre 180 millions d’actions à un prix compris entre 44 $ US et 50 $ US.

Lyft est entrée en Bourse le mois dernier et le cours de son action a chuté de 21 % par rapport au prix de son offre initiale de 72 $ US. Son titre valait vendredi environ 57 $ US.

«Le titre de Lyft retraite de plus de 20 % par rapport à son PAPE pendant que le marché atteint chaque jour de nouveaux sommets, alors cette dynamique a probablement été prise en compte», a souligné Daniel Ives, directeur général de la recherche en valeurs mobilières chez Wedbush Securities.

Uber fait partie d’une vague de sociétés technologiques qui se tournent vers les places boursières, et Pinterest et Zoom ont toutes deux vu leur prix de l’action augmenter considérablement après leur introduction en Bourse ce mois-ci. Slack et Postmates se préparent elles aussi en vue d’un éventuel PAPE.

Au cours des prochaines semaines, Uber révisera probablement ces chiffres pour sa tournée de promotion, pendant laquelle elle présentera la société et recueillera les réactions des investisseurs potentiels. Son action devrait commencer à se négocier à la Bourse de New York le mois prochain.

Uber a également révélé que PayPal envisageait d’acheter 500 millions $ d’actions au prix de l’entrée en Bourse. Les deux entreprises exploreront de futures collaborations en matière de paiements commerciaux, notamment pour le développement du portefeuille numérique d’Uber.

Rentabilité incertaine

Uber a présenté à ses investisseurs potentiels un premier coup d’oeil sur ses finances ce mois-ci, révélant des pertes de près de 8 milliards $ US sur une décennie. Cela reflète les défis rencontrés par Lyft.

Mais Uber a également affiché une croissance impressionnante. Ses revenus ont totalisé 11,3 milliards $ US en 2018, ce qui représente une augmentation de 42 % par rapport à 7,9 milliards $ US en 2017, et largement supérieur aux revenus de 495 millions $ US enregistrés en 2014.

Cette croissance rapide s’est poursuivie cette année. Sur une base préliminaire, les revenus d’Uber se sont établis entre 3 milliards $ US et 3,1 milliards $ US au cours du trimestre clos le 31 mars, comparativement à 2,6 milliards $ US il y a un an. Toutefois, la société estime que ses pertes seront d’entre 1 milliard $ US et 1,1 milliard $ US pour le premier trimestre.

L’atteinte de la rentabilité reste nébuleuse tant pour Uber que pour Lyft, car elles doivent faire face à une concurrence intense, à des coûts élevés pour les conducteurs, à une réglementation accrue par les villes et à une longue route incertaine vers le développement des véhicules autonomes.

Bien que Lyft soit principalement une entreprise de covoiturage nationale, Uber est en train de construire une plateforme logicielle de covoiturage qui lui permet aussi de monétiser ses activités de transport de marchandises et de livraison de repas, a souligné M. Ives.

«Lyft n’a pas ça, observe-t-il. Elle ne sait faire qu’une seule chose.»

Uber a également perdu des parts de marché dans la foulée d’une série de révélations embarrassantes, et elle s’efforce de rétablir sa réputation. Elle a notamment révélé plus tôt ce mois-ci qu’elle faisait face à une enquête pénale du département américain de la Justice au sujet de sa divulgation d’un énorme piratage informatique survenu en 2016, au cours duquel des informations personnelles concernant des millions de passagers et de conducteurs avaient été recueillies.