Uber ne quittera pas le Québec. La nomination d’André Fortin au poste de ministre du Transport et l’opportunité d’établir un dialogue constructif afin de trouver une solution à long terme pour les utilisateurs et les partenaires-chauffeurs d’Uber au Québec a convaincu la multionationale de transport, qui devait mettre fin à ses opérations sur le territoire Québécois samedi, de ne pas mettre son plan à exécution.

Uber décide de rester

Alors que la multinationale de transport de personnes Uber a décidé de demeurer au Québec même si elle avait annoncé son départ pour samedi, les chauffeurs de taxi de la région de Québec demandent au gouvernement d’alléger les règles qui les régissent.

 «Avec la récente nomination du ministre André Fortin au ministère des Transports, nous reconnaissons qu’il y a une opportunité d’établir un dialogue constructif afin de trouver une solution à long terme pour les utilisateurs et les partenaires-chauffeurs d’Uber au Québec», a déclaré le directeur général d’Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette.

M. Guillemette a affirmé avoir reçu la confirmation que les nouvelles exigences de formation qui empêchaient l’entreprise d’opérer n’auraient pas à être mises en place avant quelques mois. «Entre temps, nous demeurons déterminés à collaborer avec le gouvernement. Pendant cette période, nous continuerons à desservir les Québécois», ajoute-t-il.

Les nouvelles obligations imposées à Uber, notamment les 35 heures de formation obligatoire et une vérification des antécédents judiciaires par un corps policier, ne seront pas requises avant le 14 janvier pour les nouveaux chauffeurs. 

Nouvelles concessions

Ce virage ne surprend pas Abdallah Homsy du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), qui avait déjà dit qu’il ne croyait pas qu’Uber quitterait vraiment le Québec. 

Abdallah Homsy n'est pas surpris de la décision d'Uber de ne pas mettre fin à ses activités au Québec.

«Nous sommes déçus, mais pas surpris. On savait que le gouvernement n’était pas capable de se tenir debout. Avez-vous remarqué qu’à chaque changement de ministre des Transports, il y a eu des concessions pour Uber? L’arrivée du ministre Daoust avait amené le projet pilote avec Uber, celle du ministre Lessard avait amené la signature du projet pilote dans sa forme actuelle et le ministre Fortin vient encore abaisser les standards», a-t-il affirmé.

M. Homsy en a contre le fait que les 10 000 chauffeurs actuels d’Uber n’aient pas à se soumettre à une vérification de leurs antécédents judiciaires par un corps policier avant deux ans.

Allègements demandés

«En posant ce geste, le nouveau ministre l’a fait pour faire plaisir à Uber. De notre côté, nous demandons aussi un geste radical envers l’industrie du taxi : la fusion des territoires urbains et la fin de l’interdiction de partager le coût d’une course», souligne M. Homsy.

Les contrôleurs routiers continuent en effet de remettre des constats d’infraction aux chauffeurs de taxi qui s’aventurent à l’extérieur de leur «territoire» déterminé par les anciennes villes fusionnées avec Québec.

«Ce n’est pas normal qu’un chauffeur de taxi reçoive une contravention s’il se rend au centre Vidéotron simplement parce qu’il vient de Sainte-Foy ou de Charlesbourg. Surtout que les compagnies de taxi se sont entendues à ce sujet pour bien répondre aux besoins de la population», critique M. Homsy.

Celui-ci voudrait aussi que les chauffeurs puissent partir d’un point, par exemple du Centre Vidéotron, et annoncer qu’ils vont à un autre endroit pour un certain montant et ensuite séparer la facture entre le nombre de passagers qui montent. «Présentement, il est légalement impossible pour nous de partager comme ça le prix d’une course», explique-t-il au sujet de cette façon de faire déjà implantée chez Uber avec le service UberPool.

Malgré tout, Abdallah Homsy continue de plaider en faveur des taximètres, ces appareils qui calculent le coût d’une course en taxi à la fois en fonction du temps écoulé et de la distance parcourue qui sont cependant absents des véhicules d’Uber. «Il n’est pas question d’abandonner les taximètres, c’est une sécurité pour le client afin de lui permettre de savoir le vrai montant.»