Donald Trump prétend que le Canada imposait des tarifs si élevés sur les produits américains — comme les chaussures, par exemple — que les Canadiens sont obligés de les «endommager» un peu afin de les «ramener clandestinement» chez eux sans payer de taxes.

Trump accuse les Canadiens de ramener des achats américains sans payer les taxes

OTTAWA — Donald Trump accuse les Canadiens de magasiner aux États-Unis et de rapporter clandestinement leurs achats au pays pour éviter de payer les «énormes» tarifs imposés sur les produits américains.

S’adressant mardi à des petits entrepreneurs à Washington, Donald Trump s’en est pris encore une fois à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), affirmant que les États-Unis ne pouvaient plus se permettre d’être le «pays stupide» dans cette entente tripartite.

Le président a aussi soutenu que le Canada imposait des tarifs si élevés sur les produits américains - comme les chaussures, par exemple - que les Canadiens sont obligés de les «endommager» un peu afin de les «ramener clandestinement» chez eux sans payer de taxes.

M. Trump a aussi promis de protéger les agriculteurs et les fabricants américains, et il s’en est pris encore une fois au système canadien de gestion de l’offre pour les producteurs laitiers.

À peu près au même moment, l’opposition officielle à Ottawa réclamait un débat d’urgence aux Communes sur l’avenir du commerce canado-américain, mais le président de la Chambre a refusé.

Débat d’urgence rejeté

Le porte-parole du Parti conservateur en matière d’affaires étrangères, Erin O’Toole, a soutenu que les Canadiens souhaitaient que leurs élus se penchent sur «la plus importante crise économique de leur existence».

Le Canada devrait imposer le 1er juillet des tarifs douaniers de 16,6 milliards $ sur des produits américains, après que M. Trump a imposé des tarifs sur les importations d’aluminium et d’acier du Canada, du Mexique et de l’Union européenne, en invoquant la «sécurité nationale». 

Le président américain menace maintenant d’imposer des tarifs dans le secteur automobile, une industrie extrêmement intégrée en Amérique du Nord.

Erin O’Toole estime qu’une telle mesure serait dévastatrice pour l’industrie automobile en Ontario. Le député ontarien a plaidé mardi qu’»il n’y a jamais eu de menace aussi imminente pour l’économie canadienne». Le président de la Chambre, Geoff Regan, a toutefois rejeté sa requête d’un débat d’urgence aux Communes.

Les conservateurs promettaient de questionner plus tard mardi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui comparaît devant le comité du commerce international des Communes. Mme Freeland, qui est aussi responsable du commerce avec les États-Unis, a rencontré la semaine dernière Robert Lighthizer, le représentant américain au commerce. Elle déclarait alors que le Canada, le Mexique et les États-Unis continueraient de négocier pendant l’été pour le renouvellement de l’ALÉNA.

Cette tentative de sauvetage de l’ALÉNA survient alors que la crainte d’une guerre commerciale mondiale continue de croître: l’administration Trump menace d’imposer de nouveaux tarifs à la Chine, qui viseraient cette fois des biens de 200 milliards $. Le gouvernement chinois a répliqué mardi en annonçant qu’il répondrait par «des mesures exhaustives» qui pourraient cibler les entreprises américaines.