Le premier ministre canadien Justin Trudeau a rencontré le président du Mexique Enrique Peña Nieto, vendredi, à Lima.

Trudeau rencontre le président mexicain

LIMA — Justin Trudeau devrait profiter d’un tête-à-tête, vendredi, avec le président mexicain, Enrique Peña Nieto, pour identifier les points de convergence entre les deux pays dans le dossier du libre-échange nord-américain.

Le premier ministre est arrivé jeudi soir à Lima, au Pérou, première étape d’un périple de dix jours qui le mènera ensuite vers Paris et Londres. Avant de participer au 8e Sommet des Amériques, qui réunit tous les quatre ans les leaders d’une trentaine de pays, M. Trudeau a prononcé une brève allocution devant des centaines de chefs d’entreprises. Il les a assurés que « de grandes choses peuvent être accomplies au Canada ».

M. Trudeau devait discuter vendredi avec le président mexicain, une première rencontre entre ces leaders nord-américains depuis novembre, qui tombe à un moment critique pour la négociation d’un nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Le premier ministre doit aussi rencontrer samedi le vice-président américain, Mike Pence.

La Maison-Blanche a pris tout le monde par surprise, jeudi, en annonçant un assouplissement des demandes américaines en matière de contenu dans la construction automobile. De son côté, le président Donald Trump s’est dit prêt à « renégocier éternellement ». M. Trudeau demandera donc des précisions à M. Pence, qui remplace à Lima son patron, retenu officiellement pour affaires syriennes.

M. Trump a aussi demandé cette semaine à ses conseillers de déterminer si les États-Unis ne devraient pas réintégrer le Partenariat transpacifique, dont il avait claqué la porte l’an dernier. Onze pays, dont le Canada, ont signé en mars un nouvel accord, sans les États-Unis.

Contre le protectionnisme
Le premier ministre Trudeau avait amorcé sa visite au Pérou, jeudi, en rencontrant le président, Martin Vizcarra, qui était ambassadeur au Canada avant que son prédécesseur, visé par un scandale, ne soit forcé de démissionner, le mois dernier.

Devant les gens d’affaires, M. Trudeau a ensuite rappelé que plus de la moitié des pays avec lesquels le Canada a conclu des accords de libre-échange sont situés dans les Amériques. Le premier ministre a aussi rappelé qu’Ottawa souhaitait maintenant conclure une entente avec la communauté économique du Mercosur, qui regroupe cinq pays, dont le puissant Brésil et l’Argentine.

« À une époque où certains mettent en doute la pertinence des échanges commerciaux, nous avons réussi à négocier des accords historiques avec l’Europe et l’Asie », a souligné M. Trudeau, dans une allusion à peine voilée aux velléités protectionnistes du président Trump. « C’est pourquoi nous disons aux investisseurs du monde entier que de grandes choses peuvent être accomplies au Canada. »

M. Trudeau devait aussi rencontrer à Lima le président Sebastien Pinera, du Chili, un important partenaire politique et commercial du Canada.

Après le Sommet des Amériques, le premier ministre fera un « arrêt aux puits » imprévu à Ottawa, dimanche, avant de poursuivre son périple à Paris puis à Londres : il a convoqué les premiers ministres de la Colombie-Britannique, John Horgan, et de l’Alberta, Rachel Notley, pour tenter de dénouer la « crise de l’oléoduc Trans Mountain ».